Les féeries de l'avenir "Le théatre disparu"

 

 

  Les progrès de la science furent il y a quelques décennies, sujets à de nombreux questionnements et certains auteurs, réputés ou non, s’efforcèrent de tracer une carte plus ou moins fantaisiste de ces « futurs possibles ». Il ne faudrait pas croire que seules les guerres et les savants fous furent leurs uniques préoccupations ainsi certaines revues habituées à quelques largesses conjecturales, donnèrent-elles carte blanche à des écrivains et des illustrateurs afin de nous dévoiler leurs visions de cette an 2000 qui suscitait tant d'espoirs et de craintes. Une poignée de publications consacrèrent à ce sujet des numéros spéciaux tels que « L’assiette au beurre » et son numéro exceptionnel de « A nous l’espace » (N° 37 14 Décembre 1901), le « Crapouillot de l’an 3000 » (Numéro spécial Noël 1919),la « Gazette Dunlop » du mois d’Août 1936, N°192, dans un numéro spécial intitulé « Anticipations sur l’an 2000 », où l'on trouvera des études sur la télévision, le cinéma, les différentes sources d’énergies de l’an 2000…et une excellente nouvelle de G.de Pawlowski « La révolte des machines », sans oublier ce numéro  de la revue « Vu » du mois de Mars 1933 intitulé « Fin de civilisation » avec également dans son éditorial une très bonne nouvelle de Jean Painlevé « La fin des robots » .Mais je pense que dans ce domaine, le numéro le plus exceptionnel consacré au thème du futur, est sans nul doute celui de « Le miroir du monde » qui lui consacra un volumineux numéro spécial pour le Noël 1933 et intitulé à juste titre : « XXXéme siècle » et dont vous trouverez le contenu dans les pages de ce site.

A l'instar de sa concurrente « Je sais tout » la revue « Lecture pour tous » réputée dans le milieu des Savanturiers pour sa richesse thématique en matière d'anticipations , ne fut pas en reste puisqu'elle publia quelques numéros spéciaux et plus particulièrement celui de Décembre 1932, surgonflé à la conjecture et intitulé à juste titre « Les féeries de l'avenir »

Mais ce qu'il y a de surprenant dans ces anticipations où l'humanité aspire à une vie meilleure, est le cadre qui fut choisi dans la majorité des cas et, coïncidence troublante, dans de nombreux textes et nouvelles, la nouvelle capitale du monde moderne se trouvera édifiée en Afrique ( une des rares continents ayant échappé aux divers cataclysme, inondations en tête) et plus particulièrement à Tombouctou. Ainsi la nouvelle reproduite plus bas « L’Orphée Africain » de passe t-elle dans celle-ci , tout comme un autre texte du même volume « Une aventure de Paul Reboux » .Citons pour exemple également « Hommage de Tombouctou à Paris » par Jacques Bainville dans « Le miroir du monde » , sans oublier « La vénus d'Asniére ou dans les ruines de Paris » de André Reuzé (Fayard 1924)..... les exemples sont encore nombreux et peut-être faudrait-il un jour y jeter un coup d’œil un peu plus attentif.

Je vous laisse donc, après le sommaire de ce numéro exceptionnel suivi de la reproduction de son l'éditorial , en compagnie de cette sympathique petite nouvelle ou l'on parle entre autre de machines à modifier le climat et de colonisation de territoires réputés inhabitables ou du moins inexploitables en raison de la pauvreté de leurs terrains.Comme quoi même les générations futures ne désireront qu'une seule chose : une belle place au soleil !

 

Les illustrations figurant dans les bandeaux sont celles se trouvant en début des différentes nouvelles conjecturales de ce numéro spécial Noël de "Lecture pour tous" du mois de décembre 1932. 132 pages

 

 

 


Les féeries de l'avenir "Les gens de la lune"

Sommaire

 

-  Introduction « Les féeries de l'avenir »Photo montage

- « A Paris au XXIéme siècle » 16 photo montage sur les transformation des paysages urbains et de la vie de Parisiens dans le futur.

- «L’Orphée Africaine » Souvenir d'André de Maison raconté par son petit fils. Nouvelle conjecturale illustrée par H. Faivre.

- « Chez le grand couturier » Les dernières super-élégances par Jacquelin IV. Nouvelle conjecturale sur la mode féminine dans le futur, illustré par Dufau.

- « Gens de la lune » Hypertélévision parlante et chantante.Nouvelle conjecturale de J .Jaquin , illustré par Zyg Brunner.

- « Par le monde en l'an 2000 à Tombouctou » quatre photos-montage. Grâce à la grande centrale des pluies provoquées, Cette ville si arride par le passé, est devenue une cité prospère

- « L'été au pôle nord » Dans le futur les foules Parisienne se rendront aux poles pour s'adonner aux joies des sports d'hiver . Une histoire en quatre photo montage.

- « La rétrospective de 1932 » petite galerie à l'usage des hommes du futur sur les métiers disparus. La nostalgie du temps passé ?

- « Sites de France » Deux photo montage sur deux sites majeurs de notre culture, mais dans un contexte plus « futuriste »

-« La vie éclectique » comment l’électricité a bouleversée la vie de notre société future.

- « Une aventure de Paul Reboux » Nouvelle conjecturale de Paul Reboux illustrée par Touchet.

- « Une cité moderne il y a 10 000 ans » Un architecte du Futur, vient de rappeler au hommes de demain qu'il existait il y a 10 000 ans des villes comparables à nos plus fameuses cité de l'an 200 .Illustré par 6 magnifiques compositions d'un artiste inconnu.

- « Le théâtre disparu » Reportage télétransmis par la petite nièce de Dussane. Nouvelle conjecturale de Dussane illustré par Pécoud.

- « Monique et son chauffeur » Roman sentimental écrit en 1932, retrouvé dans les papiers inédits de Gaston Ch.Richard, premiére partie. Illustré par G.Dutriac

- « En l'an 2002 » sept dessins publicitaires pour vanter la rapidité des livraisons dans le monde grâce à un réseau aérien perfectionné et la télétransmission.

Les féeries de l'avenir "Chez le grand couturier"

Féeries de l'avenir: Faisons un rêve!

 

 

Les « Lectures pour tous » ont fêté le Ier décembre leur 1er centenaire par un grand banquet, où les plats préparés suivant la méthode du maître Escoffier, à la mode en 1900, ont été accueillis avec une sympathique curiosité, mêlée d’ironie.

Quelques bouteilles de vin dues aux réserves du Bordelais, de Bourgogne et de Champagne ont été discutées et, d’ailleurs, moins appréciées que les vins synthétiques découverts vers 1990. Et c’est à l’occasion de cette fête qu’est publié le présent numéro, le 1251e!

Pour les illustrations, ce numéro de Noël 2002 s’est attaché à montrer comment les beaux quartiers un peu tristes du Paris d’autre­fois sont maintenant encadrés dans l’impressionnant nouveau Paris. Voici aussi des scènes curieuses du pauvre vieux petit Paris de 1930 qui étonneront les jeunes générations.

De longues et minutieuses recherches ont permis de confier le texte à des descendants d’auteurs fort connus au début du XXe siè­cle; les collaborateurs des « Lectures pour tous » ont fouillé dans les papiers de Mme Dussane, de la Comédie-Française, de Paul Reboux, d’André Demaison, etc., auteurs en vogue il y a trois quarts de siècle, ce qui leur a permis de donner de bien curieux articles sur la vie de nos grands-parents.

Enfin, commence la publication d’un roman de Gaston Ch. Ri­chard, écrit en 1932, resté inédit, et qui est une peinture charmante de la vie sentimentale des jeunes filles de cette époque, qui se croyaient si réalistes!

Tout cela n’est qu’un rêve. Mais ne sourirons-nous pas en pensant que, peut-être, vaut-il mieux vivre tout simplement en notre bonne année 1932, quels que soient les soucis qu’elle nous apporte!

 

Les féeries de l'avenir "Une aventure de Paul Reboux"

 

Je suis arrivé hier soir de Paris pour assister à l'Assemblée des délégués de l'Australie, de la Sibérie, et des Etats Centraux de l'Amérique du Nord, en vue de la grande Conférence du blé. Invité k dîner par M. Antoine Demaison qui habite le dernier se de l'édifice central des forcer hydrauliques sahariennes, j'ai été introduit sur la terrasse du gratte-ciel par un maître d'hôtel, aussi impeccable que bronzé, et voici le récit de ma première soirée dans ce magnifique pays que je désirais tant connaître. Il était 18 heures. Aux derniers rayons du soleil, je découvrais facilement toute la ville, car le terrain est peu accidenté : au nord, le quartiers Touareg ; à l'est celui des Sonrhayes ; au sud, le quartier des Bellas ; à l'ouest l'immense ville noire des Mandigues et des Toucoulaures. J'en étais là de ma contemplation, lorsqu'un homme à peine âgé de trente ans déboucha, et se mit à lire toute une série de feuilles qui sortaient du bélinographe. Un autre, qui paraissait avoir trente-cinq ans, sortit à son tour de l'ascenseur. C'était Antoine Demaison.

« Paris a longuement écrit aujourd'hui? dit-il au premier arrivé.

- Oui, monsieur. C'est la fin de semaine. Les confirmations vont arriver par avion d'un moment à l'autre. »

Je me levai et saluai. Antoine Demaison me présenta son second M. Pinon, et m'entraîna vers une espèce de miroir pivotant qu'il se mit a manœuvrer. Lentement, pressant sur une manette, il inspecta l'horizon. Satisfait de son examen, il me passa l'instrument et appela doucement devant un microphone :

« Albarka Babata! »

D'un tour d'horizon, j'avais vu des chantiers à Bilma, à Zinder, à Djenné, à Mopti, à Attar, tous points situés à plusieurs centaines de kilomètres.

Un boy noir surgit du sol de la terrasse.

« Les rafraîchissements. »

Le boy pesa sur un bouton. Un guichet s'ouvrit où il prit les verres et les bouteilles glacées. Il pressa un autre bouton, et de toutes parts jaillirent des courants d'air frais.

« Ça ne fera pas de mal, dit le plus jeune des deux Blancs. Nous avons encore pas mal de travail à faire pour tempérer le Sahara.

- Le temps n'est pas éloigné, dit Antoine Demaison, où nous aurons

ici un climat égal. Nous sommes sur la voie des climats commandés

Quand on pense au progrès accompli en cinquante ou soixante ans....

Oui, nos ancêtres du début du XXe siècle nous avaient laissé beaucoup de choses à faire. Leur fameux progrès n'était qu'une ébauche.....

Il n'aurait plus manqué que cela qu'ils eussent réalisé toutes les inventions possibles! Nous serions nés fatigués et nous subirions le sort des peuples qui, ayant tout trouvé préparé sur leur chemin, se sont endormis dans l'herbe, au bord des fossés et à l'ombre des arbres.

Je ne crois pas que cela nous arrive ; le travail à faire est encore considérable. En tout cas, nous ne commettons plus, dieu merci ! cette folie qui consistait à régler les questions internationales les armes à la main

Et quelles armes !

Oui, quelles armes! Et tout ça pour se disputer quelques lam­beaux de terre européenne, alors que de vastes territoires demeurent incultes. S'ils avaient dépensé à aménager des terrains vides tout l'or et le travail qu'ils ont gâchés pour faire la guerre !

C'est évident.....Mais, à cette époque, de mauvais génies poussaient

encore les hommes à détruire et à se détruire.... Et puis ils ne savaient pas

Ils subissaient les climats, au lieu de les diriger. On disait : « Il ne pleut jamais sur le Sahara... » comme on se répétait, paraît-il, toutes sortes d'erreurs avec emphase et bonne foi.... »

Antoine Demaison s'interrompit et considéra le ciel. Autour des terrasses, des avions évoluaient, silencieux, car on avait depuis longtemps remplacé les lourds et stupides moteurs alternatifs par des turbines. Certains se posaient, presque verticalement, entre les édifices dressés vers le ciel, et s'en élevaient également sans difficulté.

« Je pense, dit-il, que le courrier de Chicago ne va pas tarder à arriver. Vous savez que nous attendons le professeur Vernon Sims pour huit heures. Il m'a téléphoné ce matin même, avant de quitter les bureaux du Congrès de l’État de Michigan.

- Comment est-il?

Un homme de cinquante ans à peu près, très frais, très bien con­servé, à ce qu'il m'a paru au télévisio. Voix très sympathique. Rien de cette jactance que l'on attribuait, au début du siècle, à ces gens de l'Ouest,

Ah! oui! après la guerre de 1914.

C'est ça même... Vous permettez? Albarka! As-tu averti nette­ment les cuisines? As-tu pensé à mettre un couvert de plus? Et Mlle Zaïa Ansongo?

Cuisines prêtes, monsieur; couverts mis! Mlle Ansongo a télé­phoné : elle arrive avec ses amies.

Bien, Albarka! Que l'on mette les feux d'atterrissage dans la cour. Tu recevras le professeur Vernon Sims et tu le conduiras ici. »

A ce moment, le second boy, sanglé dans un léger habit blanc et noir, s'écarta de la terrasse. En sortant, il heurta un guéridon et ren­versa un verre qui tomba sur le parquet. Le bruit cristallin du verre incassable fit crisper la face du maître.

« Oh! Arriver en l'an 2002 pour entendre encore ces bruits ridi­cules que faisaient les hommes au début du siècle! Les documents qui nous restent font croire que ces gens-là adoraient le bruit comme des peuples plus anciens avaient adoré le feu. Chemins de fer, voitures, avions, téléphone, tracteurs : tout était bruyant.... Quant aux camions, c'était encore pire. Figurez-vous qu'ils avaient trouvé ingénieux de mon­ter un tas de ferraille sonore sur des caoutchoucs pleins, pour trans­porter aussi bien des pierres que du blé! »

Ces derniers mots déchaînèrent un rire général.

« A propos, reprit Antoine Demaison, vous savez ce que le profes­seur Vernon Sims vient faire ce soir chez nous? Il vient essayer de créer une entente au sujet du blé. Notre production gêite les fermiers d'Amé­rique.... Vous comprenez.... »

Il parlait à voix basse, comme si les choses autour de lui étaient capables de surprendre ses confidences. Le silence se fit de nouveau, plus profond, à peine froissé par le chuchotement des aéronefs et les aboiements lointains des chiens qui, eux, n'avaient pas changé leur naturel.

A mesure que le soleil descendait du côté de l'océan, l'éclat des lampes aux gaz rares commençait à. illuminer, par files entières, les rues de Tombouctou habitées parles indigènes, tandis que les hauts édifices des Blancs, dressés comme des tours au milieu de vastes jardins, se couvraient de points lumineux et symétriques.

Sous les feux de la ville, on apercevait encore très bien la boucle du Niger, d'égale importance en toute saison, et qui maintenant bordait la vaste cité.

Les deux hommes me passèrent les nouvelles du jour, s'excusèrent et se mirent à lire, tout en buvant un mélange de rhum de la Côte d'Ivoire, de vin pétillant du Maroc et de jus de fruits dont le parfum se répandait sur la terrasse.

Tombouctou a bien changé.Tombouctou a pris sa revanche de métro­pole saharienne abandonnée pendant quelques siècles par des hommes qui avaient subi passivement la nature et n'avaient pas compris la qualité des richesses qui s'étendaient entre le 18e et le 33e parallèle. La ville qui avait été aux XIV et XVe siècles le grand marché de l'or, du sel et des esclaves, ruinée une première fois par la découverte de l'Amérique 4 et l'or que ce pays neuf envoyait en Espagne à pleins galions, fut achevée par l'abolition de l'esclavage. La venue des Français par l'Ouest fit que les lignes transversales partant de l'Océan recoupèrent les longues lignes verticales de l'ancien trafic. Tombouctou était mort. En 1932, ce n'était plus qu'un amas de masures, en terre séchée, que l'on réparait péniblement après chaque saison des pluies. Tombouctou n'était plus qu'un ramassis de douze mille pauvre hères qui servaient de domestiques et d'autre chose encore aux caravaniers du Désert. Tombouctou, quand le vent de sable s'élevait, disparaissait facilement dans un seul nuage de poussière, tellement la ville était à ras de terre, presque diluée comme des morceaux de sucre dans une soucoupe de lait.

Plus d'or, plus d'esclaves; à peine un peu de sel et un trafic mal défini qui était loin de donner de l'opulence à la ville déchue. Quelques Européens augmentaient faiblement le contingent des hommes blancs qui encadraient une compagnie de troupes noires.

 

Ces Européens y restaient par habitude, par nonchalance aussi, gagnés par le fatalisme de l'Islam qui avait dépeuplé ce pays des arbres que la nature avait épargnés et qui ne replantait jamais

L'orphée Africain Il m'entraina vers un miroir pivotant et il abaissa une manette

 

Mais les temps ont changé. Entre 1932 et l'an 2002 le progrès a transformé toutes ces terres qui, jusqu'alors, ne faisaient que du rose sur la carte, en une immense source de richesse. Le Sahara, au début du XXe siècle, était encore synonyme de désert absolu, de vide et de désolation. Aujourd'hui, c'est une plaine dans laquelle les engins de motoculture tracent des sillons de plusieurs kilomètres.

Le Sahara est devenu le grand grenier de la France, et mieux que tout, le grand argentier de notre pays. Un homme d’État français, en 1942, avait prévu ce que serait le Sahara le jour où les courants de l'air et les images chargés d'eau rendraient cette terre fertile. Il avait aussi calculé qu'il ne fallait pas abandonner d’aussi vastes territoires à l’initiative privée, sans qu'une redevance ne fût versée à l’État. De la sorte, maintenant, tous les impôts du Gouvernement français sont payés par la fertilité du Sahara.

On plaisantait autrefois les habitants d'une petite principauté de Monaco parce que les revenus de la roulette et du trente-et-quarante suffisaient à entretenir merveilleusement le territoire et les habitants de a principauté. Maintenant, c'est le Sahara qui, avec le produit de son sol et de ses mines, paye toutes les dépenses publiques de la France. Comment tout cela est-il arrivé? Cela tient à la fois du merveilleux et de la simplicité de la haute science. Si l'homme d’État dont j'ai parlé avait appliqué le génie de son esprit à prévoir les bienfaits du Sahara, c est que depuis quelque temps (pour mieux fixer la date, depuis 1932, c'est à dire dix ans avant), un savant, M. Grimardias, avait laissé à l'Académie des sciences, au moment de mourir, tout un mémoire tendant à prouver qu'au moyen de certaines installations électriques, on arriverait à dé­clencher sur le

Sahara la condensation des nuages produits par le golfe de Guinée, l'Atlantique central et même par la région maritime des îles paradisiaques, les Canaries, Madère et les Açores.

On avait bien observé que le Sahara regardait passer des nuages; mais bien rares étaient les hommes qui avaient vu les nuages crever sur cette terre désolée, car les phénomènes de condensation ne se produi­saient pas.

Aujourd'hui, le Sahara est devenu la terre de la météorologie commandée. Il a suffi d'une usine électrique, à très haut voltage, à dé­charges aériennes bien réglées, pour faire pleuvoir sur les grandes ergs, sur les hammadas désolées et même sur ce fameux Tannezrouft qui las­sait le regard par sa monotonie et qui avait absorbé dans ses pierres et ses sables tant de caravanes et d'audacieux explorateurs.

 

Les premières pluies redonnèrent la vie aux anciens fleuves du Sahara asséchés par les siècles. Régulièrement alimenté par l'eau du ciel, leur cours redevint normal et ils descendirent soit vers l'Océan, soit vers le Niger, soit vers un grand lac qui sert de régulateur des eaux à tra­vers la Tunisie et vers la Méditerranée. Ces fleuves, à leur tour, fournirent de la force motrice. Cette force motrice servit en partie à créer les courants électriques aériens capables de produire les phéno­mènes de condensation qui amènent les pluies. Le surplus des forces ainsi créées par le cycle de la pluie, que l'homme avait négligé jusque-là, suffit pour alimenter tous les engins de culture, de transport et de manutention de l'industrie humaine. L'hectare de terre qui ne valait pas un centime, pas même un millime, fut alors loué par l'Etat plus de mille francs par an, y compris la force motrice et les soixante-douze centimètres de pluie indispensables à la culture du blé.

La terrasse, comme la nuit tombait, s'éclaira d'une douce lumière, aux sources invisibles. La ville de Tombouctou elle-même se dessinait maintenant tout entière. Ses avenues, ses rues, ses places étaient découpées par des traits de lumière fine et ininter­rompue, comme si le jour avait continué pour elle seule. Antoine Demaison dit tout d'un coup : « Que pensez-vous du dernier forage de Tin Ouléma? — Payant, » dit le jeune ingénieur que j'avais trouvé avec lui. Ces immenses territoires que l'on avait laissé prendre autrefois à la France, en disant que le coq gaulois se distrairait à gratter le sable, sont devenus non seulement de vastes producteurs de récoltes, mais le sous-sol, qui était celui d'une ancienne mer dont le fond s'était soulevé, contient les plus immenses richesses que l'on puisse désirer et qui complètent heureu­sement les besoins de l'humanité nouvelle. De telles ressources ont été trouvées en métaux rares, ou plutôt en métaux inscrits jusque-là sous le vocable de rares, que l'on a pu créer des aciers inoxydables et inatta­quables aux éléments extérieurs, et cela pour les besoins les plus vulgaires. Les rails du Transsaharien, dontla traction est complètement électrique, sont en acier au titane ; les outils des agriculteurs sont inusables.

 

L'abondance des biens que la terre dispense au Sahara est telle que ses habitants, et même ceux de sa capitale, Tombouctou, ne désirent pas plus acquérir les territoires du Congo que ceux de la Sibérie.

« Si nous ne sommes pas des crétins, dit le maître de la terrasse, nous devons, avant peu, pouvoir faire un échange régulier de courants aériens entre le Tropique qui regorge de chaleur et la zone arctique qui regorge de fraîcheur. Il est assez stupide que, pendant des siècles et des millénaires, l'homme ait assisté passivement à ces jeux de la nature sans essayer de les capter, alors qu'il avait réussi, sans trop de peine, à trans­porter la force d'abord au moyen de fils et puis sans fils. »

Au moment où j'allais moi-même abonder dans ce sens, une troupe joyeuse de jeunes femmes déboucha de l'ascenseur. Les premières qui entrèrent furent deux jeunes filles dont le type était étrange. Elles étaient les filles de Français et de Targuias, mélange qui donne à cette race nouvelle une très grande noblesse.

Toutes en robe du soir décolletée, elles s'installèrent autour de la terrasse, parmi les orangers et les mandariniers qui embaumaient, et les fleurs de tous les pays que l'on avait acclimatées et qui n'avaient rien perdu de leur parfum. L'une d'elles portait entre ses bras une espèce d'énorme chat qu'elle abandonna sur le sol de marbre. C'était un ocelot de l'Amérique du Sud que l'on avait récemment importé ici, car le pays est depuis longtemps déjà dépeuplé de bêtes sauvages. L'animal ressem­blait à une petite panthère, mais avec le poil plus fin et les taches plus allongées, des taches dont le dessin avait l'air d'être calqué sur le sens des muscles,

Antoine Demaison me présenta à Mlle Zaïa Ansonga et à ses trois compagnes.

« Marakaja! Veux-tu faire attention! » s'écria la première.

Sa jolie bête, avec instinct, venait de sauter sur les genoux d'Antoine Demaison.

« Méfiez-vous, dit de nouveau la maîtresse de l'ocelot. Il pourrait déchirer vos habits. »

A quoi tout le monde répondit :

« Ne vous inquiétez donc pas, il connaît tous ces animaux-là, et sait comment il faut les prendre.

C'est de famille, dit une des jeunes filles. Il connaît cela par ata­visme. »

Une légère sonnerie se fit entendre. Sur un tableau, un voyant vert s'alluma. Antoine Demaison s'avança vers un appareil placé contre un des piliers de la pergola Nord.

« Pendant que nous causions, dit-il, l'avion américain est arrivé.

Ah! oui, c'est ce phare qui descendait des étoiles!

D'ailleurs, le voici.... »

Albarka Babata entrait sur la terrasse et annonçait :

« M. le professeur Vernon Sims, de Chicago.

Nous n'avons pas à nous présenter, monsieur, dit l'arrivant à Antoine Demaison. Nous nous sommes vus ce matin. Excusez-moi si j'arrive avec quelques minutes de retard, mais nous avons failli manquer d'oxygène, là-haut. Notre pilote tenait régulièrement l'air à 13 5oo mètres, quand une rupture de canalisation d'oxygène nous a forcés à descendre un peu. Nous avons alors fait fonctionner l'électrolyseur qui a remplacé l’oxygène perdu. Encore une fois, mesdames, je m'excuse et vous pré­sente mes hommages. »

Le professeur Vernon Sims parlait correctement le français, comme il est de mise parmi les gens de bonne éducation qui parlent couramment cinq langues.

On s'assit et Albarka servit du champagne rosé.

« Monsieur, dit le professeur après une première coupe, je suis venu pour voir ce que nous pourrions faire en vue d'une entente. Vous nous gênez beaucoup avec votre blé, si riche en gluten et si... abondant. Je sais bien que vos terres sont plus neuves que les nôtres, mais je pense aussi eue vous devez avoir de meilleures méthodes. Nous en reparlerons après dîner.... En attendant, pourriez-vous me dire si cet animal n'est pas de chez nous, de l'Amazonie?

Vous avez parfaitement raison, monsieur, dit Antoine. Il nous faut bien aller chercher des bêtes sauvages ailleurs.... Il y a beau temps qu'on ne peut plus trouver ici une panthère ni un lionceau.

Ce n'est pas comme du temps de votre grand-père....

Comment? vous savez?

Nous, en Amérique, nous savons aussi quelque choses, voyez-vous. Et moi qui vous parle, arrivant de Chicago à l'instant, je puis même vous dire que les livres de votre grand-père sont dans ma bibliothèque.

Très honoré, monsieur!

Mais on a la sensation, en les lisant, qu'il n'a pas tout dit.

Vous avez encore raison, monsieur. Mon père, celui que mon grand-père appelait Babou et qui visite en ce moment une exploitation aux Iles Aléoutiennes, me racontait quelquefois ce qui arriva à son père, ici même, du temps de l'ancienne Tombouctou, et qu'il n'a jamais écrit.

Oh ! dites nous cela monsieur le cachottier, s’écrièrent les jeunes femmes.

L'orphée Africain Les jeunes filles, en robes du soir, s'installérent parmi les fleurs

 

Antoine Demaison regarda longuement la fille des Touareg, belle comme Cléopâtre et qui buvait lentement son Champagne.

« Mon grand-père, dit-il, était un rêveur qui avait essayé ce que nous avons tenté et réalisé, mais qui n'y avait pas réussi parce que les progrès de la science n'étaient pas encore à la hauteur de son imagination. Il parcourait alors l'Afrique, sui­vant les fleuves, tels que cette si curieuse Casamance qui est très au sud, à quelques heures d'avion de Tombouctou, et sur les rives de laquelle il avait connu ma grand-mère, traversant les chaînes de montagnes et les savanes, semant des idées avec l'espoir que cette terre d'Afrique sau­verait un jour l'Europe. C'est lui qui répétait aux Français de se cram­ponner solidement au Méridien zéro.... Il a eu raison. Mais il n'a pas eu le temps de voir qu'il avait raison.

 

« Un soir, mon grand-père rentrait donc d'expédition dans la pro­vince du Hombori, celle dont les pâturages nourrissent aujourd'hui les plus beaux chevaux et le plus magnifique bétail. Il rentrait en camion automobile, un de ces engins bruyants dont je parlais tout à l'heure,actionnés alors par un moteur sur lequel on avait astucieusement réuni les qualités et les défauts de la pompe et du canon.

Dieu, que vous êtes drôle, Antoine! s'écria la jolie fille des Toua­reg. Est-ce bien sûr que nos grands-parents aient été si barbares?

Je vous répondrai après dîner, Zaïa. Donc, à quelques kilomètres de Tombouctou, en plein désert, ce fameux camion est affecté subitement d'une maladie qu'ils appelaient une « panne ». Mon grand-père et son chauffeur noir se mettent à dévisser, à déboulonner, à ausculter leur fameux moteur qui, probablement, avait avalé du sable. Pour se donner du courage, il installe son poste de T. S. F. qui était contenu dans un coffret spécial. Et voilà qu'il reçoit d'Alger un concert vocal, de Paris un concert vocal, de Rome un concert d'instruments à cordes, de Londres un solo de flûte.

« Lui et son chauffeur travaillaient donc au camion, dessus et dessous, et ne s'apercevaient pas que le soleil déclinait et que, pendant leur tra­vail, toutes sortes de bêtes s'étaient rapprochées du camion. Étaient ainsi venus, à petits pas, sans bruit, des chacals, ancêtres de nos chiens, des feneks, ces petits renards des sables dont on a gardé des images, un gros lion indolent et formidable, une lionne suivie de ses deux grands garçons, quatre antilopes qui gardaient un œil attentif du côté de la plaine libre, des serpents que l'on ne distinguait pas ordinairement de la terre et des herbes, des genettes futées, une civette au parfum musqué, et des singes qui étaient animés d'une immense curiosité.

«Les feneks dressaient leurs grandes oreilles, les chacals sans inquié­tude posaient leur queue panachée à plat sur le sable, les singes se grattaient distraitement, les antilopes demeuraient immobiles, les genettes étaient couchées à côté des serpents dont la tête se balançait au rythme de la musique. Quant aux lions, ils cherchaient dans leur gosier rugueux les sons les plus doux et les plus bienveillants.

« Un tel attroupement se passait à l'insu de mon grand-père, tou­jours occupé à sa ferraille. Ce fut un cri du chauffeur terrifié qui l'en avertit.

« Il ne perdit pas son sang-froid, ferma la bouche du nègre, tourna d'un cran un des boutons de la T. S. F. et continua de réparer.

« Mais voilà! une fois dépanné, il fallait partir….Que faire? foncer

dans le bled et « semer » les bêtes? Ce genre de camions n'était pas assez rapide. Mon grand-père haussa d'un ton la musique venue d'Europe et mit en marche tout doucement son véhicule.

« Alors, il se passa, dit-on, ce fait inouï : toutes les bêtes se mirent à suivre la musique et le camion d'où elle sortait. Si bien qu'au moment où la nuit allait tomber, mon grand-père fit son entrée dans Tombouctou, par le faubourg des Bellas, lentement suivi, comme les anciens généraux vainqueurs, d'une horde disparate d'un véritable, échantillonnage de l'arche de Noé !...

Comme vous racontez bien! soupira la jolie Zaya.

Absolument admirable ! » s'écria le professeur Vernon Sims.

Après lui, toute la terrasse se récria.

« C'est aussi beau que la légende d'Orphée!

Peut-être, dit Antoine Demaison avec bonhomie, est-ce aussi une légende Quatre-vingts ans suffisent à l'établir. Tout va si vite maintenant Tout change si rapidement. Je tiens pourtant l'histoire de ma mère, qui elle-même la tenait de son beau-père. Je n'ai pas lieu de croire qu'elle ait été par trop déformée.

J'espère, dit un des auditeurs, que ce n'est pas comme dans les anciennes armées. On donnait un ordre verbal au premier homme d'une compagnie avec charge de le transmettre au suivant, et ainsi de suite. Lorsque l'ordre revenait au capitaine par le canal du centième soldat, on n'y trouvait plus un mot de l'ordre primitif. Nous n'étions pas cent dans la famille, reprit Antoine Demaison. Mais prenez, par exemple, la légende de je ne sais plus quel autre poète de l'antiquité qui réussit à bâtir une ville simplement en jouant du luth; elle n'est pas tellement imaginaire qu'on pourrait le croire J'ai lu, dans les livres de mon grand-père, qu'ici même et dans toute l'Afrique noire, on construisait encore des routes,, des ponts et des maisons, non pas avec des machines, mais avec des hommes, et que l'effort de ces hommes était rythmé par des joueurs de flûte et de tam-tam. Comme vous le voyez, il suffit de transposer légèrement, en un mot de poétiser, pour dire qu'en 1930 on construisait des routes simplement en jouant de la flûte ou du tambour de nègres.

— Moi, que m'importe l'histoire! dit Zaïa d'un ton calme et d'une voix caressante en regardant le maître de la terrasse. Je ne veux même pas savoir ce qu'il y a de vrai et de faux dans les légendes. Le principal est qu'elles m'enchantent, et celle-là me ravit. »

Et elle se leva pour agacer doucement le marakaja qui commençait à dormir.

A ce moment, Albarka Babata surgit discrètement de derrière les mandariniers, et s'inclinant :

« Le dîner est servi, » dit-il.

Car au Sahara, en l'an 2002, loin des routines du Nord, on n'est pas encore arrivé à se passer de manger.

La jolie Zaïa passa son bras sous celui du professeur Vernon Sims qui murmura :

« Le petit-fils sait-il apprivoiser les jolies filles du Sahara comme le grand-père charmait les bêtes qu'on appelait sauvages?

 

Chut! fit Zaïa en souriant. Dites-moi donc plutôt si les filles d'Amérique sont toujours aussi belles et félines....

 

André Demaison

 

 

L'orphée Africain Les bêtes s'approchaient lentement du camion
lecture pour tous décembre 1932 "Lecture pour tous" Décembre 1932

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