« Les belles aventures de Pierrot, Marisette et Negro » Editions Enfantines Collection « Nos albums de la quinzaine » N°24 Avril 1932.Illustré par Phil.

 

Après avoir, fait la guerre, traversé l'atlantique, exploré des contrées sauvages, chassé et voyagé en avion, Pierrot va étendre dans la présente aventure son terrain de jeux et partir en exploration sur la lune. Cette série destinée à un jeune public reste certes désuète et naïve, mais on y trouve toute la fraîcheur de ces romans pour la jeunesse où partir dans la lune était aussi simple de prendre l'avion. Il faut dire qu'une fois de plus, c'est l'intervention d'un génial savant qui va permettre de réaliser l'exploit et l'auteur, afin de donner un tout nouveau patronyme à un génial inventeur qui connut déjà pas mal de précédent, le nomma « Sinus », un hommage probable au personnage de Marie-Louis-Georges Colomb.

Le charme de cette histoire provient également des bandeaux dessinés se trouvant en haut de chaque page et réalisés par un certain « Phil » dont le coup de crayon ne manque également pas de fraîcheur en nous offrant une vision de la lune et de ses fameux « Sélénites » assez savoureuse.

Comme vous allez le constater par vous-même « Pierrot dans la lune » vient en plus ajouter un élément supplémentaire à la thématique des « Terres creuses » qui devrait enchanter deux Savanturiers de renom,et permettre de comprendre au jeune public de l'époque, pourquoi les habitants de notre satellite restent la majeure partie du temps invisibles à nos télescopes.

Encore une fin qui risque de décevoir les puristes, mais pouvait-il en être autrement provenant d'un texte publié pour la jeunesse ?

Texte anonyme, mes recherches sur l'auteur sont restées vaines, tout comme l'illustrateur et je compte sur la bonne volonté des défricheurs de l'imaginaire qui lisent ces pages, pour m'apporter quelques précieuses et utiles informations

 

Liste des ouvrages précédents parus chez cet éditeur


-les Aventures extraordinaires de Bamboula et Zigo.

- Les Aventures tordantes de Raraho et Rahara.

- Les Aventures drolatiques de Kangoroo et Kangoraa.

- Les Aventures dramatiques de Négro et Négrette.

- Négro et Négrette s'en vont à la chasse.

- Le Voyage mouvementé au pays des Blancs.

- Aventures guerrières de Zigo et Bamboula.

_ Kangoroo et Kangoraa. chanteurs des rues.

- Négro et Négrette à l’Exposition Coloniale.

- Toffa et Torfette en villégiature.

- Zigo et Bamboula veulent revenir à Paris.

- Kangoroo et Kangoraa au bal masqué. Perdus dans la forêt.

- Le premier voyage en avion.

- Pierrot, Marisette et Négro prisonniers des sauvages.

- Un voyage mouvementé. Pierrot et Négro font la Guerre.

- La disparition de Négro.

- Pierrot et Marisette font des Sports d’Hiver

- Le Sauvetage de Marisette. Pierrot traverse l’Atlantique.

- Pierrot détective.

Le papa de Pierrot et Marisette les fît venir un jour dans son bureau et leur dit :

- Avez-vous bien travaillé à l'école pendant Tannée?

Naturellement nos deux petits amis répondirent vivement :

- Oh! oui, papa! Mais si Marisette disait la vérité, Pierrot faisait un gros men­songe. Pendant les derniers mois, il avait été un peu paresseux.

Pouvait-il avouer à son papa une telle faute?

Monsieur La grange n’aurait pas été très content de cela. N’est-ce pas le premier devoir des enfants de bien travailler en classe. Ils montrent ainsi leur reconnaissance à leurs parents qui, souvent, font des sacrifices pour leur donner une bonne instruction.

Pierrot savait tout cela, aussi il se promettait de rattraper le temps perdu.

- Si je suis satisfait des résultats de vos examens de fin d'an­née, Je vous donnerai une belle récompense, dit papa Lagrange.

Pierrot et Marisette connaissaient la bonté de leur papa. Mais ils savaient aussi qu’il ne leur dirait pas la surprise qu’il leur ferait. Aussi ils ne questionnèrent pas et promirent seulement de bien tra­vailler.

- Tu sais, fit Marisette à son frère quand ils furent seuls, si papa savait que tu lui as menti, il serait en colère.

- Puisque je vais travailler maintenant, ce sera la même chose, répondît Pierrot

- Non, reprit la fillette, car tu sais bien que l’on t’a dît que le temps perdu ne se rattrape jamais. Marisette raisonnait très bien ainsi, mais Pierrot se croyant plus fort que tout le monde, fièrement, ajouta :

- Tu verras que je le rattraperai, moi, le temps que j’ai perdu.

De ce jour-là, le petit paresseux fit régulièrement ses devoirs, étudia ses leçons avec soin et, de plus, commença à apprendre ce qu’il aurait dû savoir depuis longtemps.

Mais, quand on a commis une faute on la paye toujours tôt ou tard et se fatigant plus que de raison, Pierrot devint pâle, il eut de la fièvre juste au moment où commençaient les examens.

Maman Lagrange eut peur de cet état de santé et fit venir le médecin.

- Rassurez-vous, madame, dit celui-ci, un peu de fatigue simple­ment, cela ne sera rien.

Mais la brave maman disait chaque matin à son cher petit :

- Si tu ne veux pas aller en classe, mon Pierrot, dis-le! Tu n’es pas trop malade?

- Non, maman, un peu fatigué, mais je ne veux pas rater les der­niers examens.

- J’aime mieux que tu manques et que tu ne risques pas d’être obligé de garder le lit.

- Il n’y a aucun danger. D’ailleurs, dans trois jours, ce sera fini et Je pourrai me reposer. Tu verras que tout de suite cela Ira mieux.

Pierrot pensait surtout au cadeau promis par son père s’il avait une bonne place et il voulait le gagner.

Son courage fut récompensé, il fut le second de sa classe, tandis que Marisette était la première. Papa Lagrange, très heureux du résultat, donna à ses chers petits deux jouets magnifiques.

Marisette eut une belle poupée accompagnée d’un joli trousseau, tandis que Pierrot reçut un avion.

L’appareil que son père lui offrit était très beau. Assez grand pour qu’il puisse y prendre place et éprouver la sensation de voler vrai­ment dans l’air. Il y avait un moteur muni d’un puissant ressort qu’il remontait lui-même et faisait tourner l’hélice en même temps que l’avion avançait.

Aussitôt que les examens avaient été terminés, maman Lagrange fit coucher le petit malade qui garda la chambre pendant quelques jours pour qu’il se remette complètement de son malaise.

- Tu vois, lui répétait Marisette, une autre fois, tu ne seras plus aussi paresseux. Tu travailleras comme moi et tu n’auras pas besoin de te rendre malade par la fatigue pour réussir tes examens.

- En tout cas, j’ai rattrapé le temps perdu! répondait Pierrot qui voulait avoir raison. - Tu es bien avancé, tu le reperds maintenant puisque tu ne peux pas sortir et profiter de ton avion.

Quelques jours passèrent ainsi, puis Pierrot put enfin se lever et, le lendemain, sa mère lui permit de sortir.

Immédiatement, dans le garage que papa Lagrange avait fait construire pour son auto, dans la grande cour de l’immeuble, Pierrot s’occupa de son avion et s’amusa beaucoup en compagnie de Marisette.

Chaque après-midi Pierrot devait dormir deux heures tant qu’il n’aurait pas repris ses forces. Aussitôt que le repas de midi était ter­miné, le jeune garçon montait dans sa chambre et se couchait.

Ce jour-là, pendant le repas, papa Lagrange parla des expérien­ces qu’un savant allait faire en envoyant un obus dans la lune.

Pendant tout le repas la conversation roula sur ce sujet, puis Pier­rot monta comme d’habitude dans sa chambre et se coucha.

Marisette, pour le taquiner, vint le trouver et lui dit :

- Pourquoi n’y vas-tu pas dans la lune?

- J’irai peut-être un jour. Quand je serai plus grand, je veux de­venir célèbre et faire de grandes découvertes.

- Pour cela, il ne faut pas être un paresseux comme toi!

- En tout cas, je ne m’amuse pas bêtement avec une poupée, moi, répondit Pierrot vexé de ce que lui avait dit la fillette.

Puis, tournant le dos, il ne répondit plus à ce qu’elle disait.

Bientôt elle s’éloigna et Pierrot s’endormit.

 

Le voyage de la terre à la lune

 

Pierrot n’aurait pu dire depuis combien de temps il dormait quand il se réveilla.

Par la fenêtre ouverte de sa chambre, un gai soleil entrait et ve­nait dorer son lit de ses rayons.

Le ciel était d’un bleu comme il en avait rarement vu et les oiseaux chantaient joyeusement.

Pierrot, d’un bond, saute de son lit. Il enleva son pyjama et revêtit son costume préparé sur une chaise à côté de lui.

En regardant dans la cour, Pierrot, tout à coup, vit passer un homme qu’il ne connaissait pas.

Vite il descend et, arrivant près du garage, quelle n’est pas sa surprise de voir une sorte de gros obus, tout bleu, à côté duquel un homme avec une grande barbe blanche et vêtu comme les aviateurs, semble attendre.

S’approchant de l’inconnu, Pierrot demande :

- Qui êtes-vous et que faites-vous ici avec cet instrument?

- Jurez-moi le secret et je vous dirait tout! répond le person­nage.

- Je me tairai, mais je veux savoir.

- Voilà... Je suis le savant Sinus et voici l’appareil que j’ai inventé pour aller dans la lune.

- Dans la lune? questionne Pierrot étonné... C’est donc possi­ble?

- Naturellement... Tout le monde me prend pour un fou, mais je sais, moi, que mon invention me permet d’aller visiter la lune et voir ce qui s’y passe. Alors, comme on veut m’interdire de faire mon expé­rience, je suis venu ici, sans rien dire, j’ai monté mon aérobus et je vais bientôt partir. Je n’attends plus que mon mécanicien qui est allé chercher des vivres.

A ce moment, l’homme que Pierrot avait vu de la fenêtre arriva avec des paquets qu’il déposa à l’intérieur de l’étrange machine.

- Tout est prêt, monsieur Sinus.

- Bien, répondit celui-ci, nous allons mettre les moteurs en marche.

- Dites-moi, monsieur Sinus, reprit Pierrot que l’aventure intéressait, vous êtes sûr de réussir?

- Mais oui! Si je n’étais pas certain, je ne tenterais pas une telle expérience.

Pierrot sentit en lui grandir le désir qu’il avait confié à sa sœur, d’aller dans la lune. Puisque le moyen se présentait à lui, pourquoi n’en profiterait-il pas.

- Monsieur Sinus, emmenez-moi? demanda-t-il.

- Comment? - Je voudrais aller avec vous dans la lune.

- Mais, mon petit ami, je n’ai pas le droit, vos parents pour­raient me faire punir» - On ne leur dira pas.

- Mais ils verront bien votre absence et quand on saura que je suis parti d’ici, ils devineront que vous êtes avec moi.

- Eh bien, je leur laisserai un mot, disant que c’est moi qui vous ai demandé de partir.

- Comme cela, peut-être. Mais pressons-nous, car le temps passe. Allez faire le nécessaire et habillez-vous plus chaudement car, bien que l’aérobus soit muni d’appareils de chauffage spéciaux, nous aurons peut-être froid là-haut.

Pierrot ne se fit pas prier et, quelques minutes plus tard, il montait à bord de l’obus qui devait escalader le ciel. L’invention du savant était une merveille. Tout marchait à l’élec­tricité qu’un petit moteur fabriquait à mesure des besoins.

C’était lui aussi qui l’avait fait dans le plus grand secret et Pier­rot compara Sinus à Jules Verne qui, dans ses livres, imaginait des choses semblables.

Mais l’inventeur ne s’était pas contenté de les décrire dans des ivres, il les avait fabriqués et s’en servait pour son expérience dans la lune.

Sans bruit, l’aérobus se mit en mouvement et s’éleva tout droit dans l’air. Seul un ronronnement léger troublait le silence.

Pierrot sentit son cœur battre très fort.

Il partait pour la plus belle des aventures que l’on puisse rêver. Rapidement l’appareil montait et, par les fenêtres, Pierrot vit, peu à peu, la terre s’éloigner, s’arrondir et devenir enfin de plus en plus petite.

Quelle différence avec les autres vols qu'il avait déjà faits. Dans les avions, on voit les villes avancer puis reculer, mais on reste tou­jours à la même distance, si bien qu’on a l’impression qu’un tapis se déroule.

Mais ici ce n’était plus la même chose. Toujours on montait plus haut et Pierrot avait vu d’abord Paris, puis les environs, puis dans le gris, il devinait la mer qui entourait la France.

A ce moment Sinus lui passa de grosses lunettes et il distingua l’Angleterre, puis l’Europe, puis après un moment, la terre se montra toute ronde comme il l’avait déjà vu à l’école, mais beaucoup plus grosse, naturellement.

En même temps que l’on se rapprochait, la lune augmentait. Malgré le jour elle se voyait très bien depuis que les voyageurs s’étaient éloignés de la terre.

Pierrot, émerveillé, questionnait le savant qui, gentiment, lui expliquait tout ce qu’il ne connaissait pas.

L’appareil du savant Sinus avançait avec une très grande vi­tesse. Heureusement, car, sans cela, il aurait fallu des mois pour par­courir la distance de près de 400.000 kilomètres qui sépare la lune de la terre.

Pourtant les voyageurs n’étaient nullement gênés car l'aérobus, complètement fermé, les mettait à l’abri de l’extérieur.

Le savant, avant même d’avoir fermé la porte avait mis en mar­che les petits moteurs fabriquant un gaz qui remplaçait l’air respirable.

Pour la température c’était la même chose. Pour combattre le froid, un radiateur répandait une douce chaleur augmentant à me­sure que la température diminuait. Tout cela était de l’invention du savant Sinus qui, véritable génie, avait trouvé le remède à tous les inconvénients du vol entre les pla­nètes.

Un peu plus tard Pierrot eut une surprise bien amusante. Il remarqua qu’en s’éloignant de la terre, SI devenait plus léger. Il pou­vait lever, sans effort, ses bras ou ses jambes comme s’ils ne pe­saient plus rien.

C’était le phénomène de l’attraction de la terre et de la lune qui se faisait sentir et que Sinus lui expliqua.

- Tu as vu sur la terre, quand tu as quelque chose à la main, une pomme par exemple ou un jouet, et que tu le lâches, qu’est-ce qu’il fait?

- Il tombe! répondit Pierrot.

- Mais pourquoi tombe-t-il ?

- Parce qu’il est lourd. Oui, mais ce qu’on appelle ainsi, c’est l’action de la terre sur tout ce qui l’entoure. Elle est comme un aimant, elle attire tout à elle, nous sommes les objets. Eh bien! la lune c’est la même chose. Comme nous sommes en ce moment entre les deux, il arrivera un montent où nous serons attirés par la lune et plus du tout par la terre.

Pierrot avec un peu de réflexion et surtout avec l’expérience qu’il pouvait faire lui-même comprenait parfaitement les explications du savant. De plus en plus il se sentait devenir léger.

- Attachez-vous avec la ceinture de votre siège, commanda Sinus.

Pierrot obéît, mais il dut faire un gros effort pour y parvenir. Quel­ques minutes plus tard, ils n’auraient pu réussir et se serait vu suspendu en l’air, comme ces petits bonhommes qui sont dans des bouteilles pleines d’eau et qui ne peuvent ni monter ni descendre.

Pierrot occupait la place du mécanicien et celui-ci s’était assis par terre. A l’aide d’une courroie il s'attacha aux pieds du fauteuil de Sinus qui, lui aussi, avait fait la même chose.

Tout à coup Pierrot poussa un grand cri de joie. Devant lui,comme un ballon en baudruche, Black, le brave toutou de notre petit héros, s’éleva au milieu de la cabine. Comment Black était, lui aussi, parti pour la lune?

Le chien suivait toujours son jeune maître, aussi, dans la cour de l’immeuble, pendant que Pierrot et Sinus parlaient, il s’était intro­duit dans l’aérobus et caché dans un coin.

Comme tout le monde il se sentit devenir de plus en plus léger et il arriva un moment où il ne put plus se tenir sur le plancher.

Il faisait une drôle de tête le pauvre Black en se voyant trans­formé en ballon. Et c’était si comique que Sinus, au lieu de se fâcher ainsi qu’il aurait pu le faire, se mit à rire avec le mécanicien.

Black volait doucement, essayant de s’accrocher aux appareils, mais II ne pouvait y arriver. Il regardait avec ses bons yeux son maî­tre qui riait aux larmes.

- Alors, Black, tu fais de l’aviation, maintenant? demanda Pier­rot.

L’animal, ne comprenant rien à ce qui se passait aboya comme pour demander une aide.

Mais Pierrot était attaché à son fauteuil et ne pouvait bouger. Lui aussi aurait flotté dans la cabine s’il n’avait pas été lié par la cein­ture et le malheureux Black resta en l’air.

- Nous voilà quatre maintenant fit le savant. Heureusement que j’ai pris mes précautions.

Pendant près d’une demi-heure la situation resta la même puis, tournant une manivelle, Sinus fît doucement pivoter la cabine et tan­dis que Black se retrouvait enfin sur le plancher, heureux de voir finir ce vol involontaire, les voyageurs purent détacher leur ceinture.

Le voyage continua. Sinus s’occupait de ses boutons et de ses manettes, pendant que Pierrot et le mécanicien regardaient dehors.

La lune maintenant devenait de plus en plus grosse et le moment approchait où on allait pouvoir y descendre.

Avant de sortir, recommanda Sinus, il faudra mettre les masques car nous tomberions morts faute d’air. Et surtout il faudra les gar­der.

Monsieur Sinus, demanda Pierrot, allons-nous trouver des hom­mes dans la lune?

- Probablement, mais ils ne sont certainement pas faits comme nous puisque leur planète n’est pas comme la terre. Et puis nous ne pourrons nous faire comprendre, ce sera très ennuyeux. Dans un quart d’heure nous y serons.

Pierrot saisît sa lorgnette et regarda.

La lune semblait tout près maintenant, comme si on pouvait la toucher avec la main. Il voyait des montagnes toutes blanches, des trous profonds et noirs, mais ni maisons, ni rues, ni arbres, ni cours d’eau.

Au moment où il allait demander à Sinus des explications, celui-ci annonça :

Nous arrivons. Avant de descendre, nous allons examiner un peu le paysage.

Il appuya sur quelques boutons, tourna des manettes et l’appa­reil ralentissant sa marche, fit un large cercle.

Presque tout était couvert de neige et les voyageurs virent dis­tinctement la surface inégale de la lune. La plaine au-dessous d’eux était bordée de montagnes et de précipices, tandis que des trous et des monticules de toutes formes se montraient partout

- Drôle de pays, constata Pierrot.

Enfin l’aérobus se rapprocha et choisissant un endroit bien plat, le professeur Sinus commença les manœuvres délicates de l’atterris­sage.

Pendant ce temps, il dit :

- Mettez vos masques.

Heureusement qu’il était la prévoyance même. Ne devant partir qu'avec son mécanicien, Sinus avait quand même emporté quatre masques. Aidé de son compagnon, Pierrot mit le sien.

C’était de grosses boules en cuivre et en caoutchouc, dans les­quelles il y avait une plaque de verre très épais qui permettait de voir. A la hauteur de la bouche, deux tuyaux étaient fixés et par­dessus les épaules allaient se rattacher à une boite métallique pla­cée dans le dos, dans laquelle un petit moteur tournait avec un ron­ronnement léger. Ce moteur fabriquait l'air. Le tout s’attachait solidement par une ceinture.

Quand il vit ses deux compagnons avec ces appareils sur la tête, Pierrot ne put s’empêcher de rire.

Mais le plus comique fut Black.

Il fallut lui mettre un masque aussi car, autrement, il n’aurait pu suivre ses compagnons sur la lune.

Heureusement que les appareils étaient en caoutchouc et pre­naient ainsi la forme du corps. Mais ce ne fut pas une petite histoire pour le lui poser. Une muselière déjà le gênait, alors vous comprenez que ce masque lourd et peu confortable ne lui était pas agréable. Pendant plus d’un quart d’heure,Pierrot et le mécanicien durent lut­ter avec le chien pour lui fixer l’appareil.

Et Black se montra bien drôle avec la grosse tête ronde. Il res­semblait à un de ces animaux inconnus que l’on voit dans les contes de fées. Heureusement que le brave chien était très fort car le masque, très lourd, pesait sur sa tête et il fallait faire de gros efforts pour le porter.

Aussitôt que les voyageurs eurent la tête emprisonnée, Il leur fut impossible de se parler car aucun son ne pouvait sortir et Pier­rot qui désirait des explications fut bien embarrassé.

Il lui fallait s'expliquer comme un muet avec des gestes et des signes et il ne pouvait facilement comprendre les réponses que fui faisait le professeur Sinus par le même moyen.

Doucement l’aérobus se posa sur le sol et aussitôt le savant ouvrit les portes pour sortir avec ses compagnons.

Black vint le dernier, suivant son jeune maître.

Les trois explorateurs et leur compagnon à quatre pattes qui, lui aussi, pouvait se vanter d’être le premier chien ayant touché la lune, se mirent en marche pour visiter la planète.

Mais à ce moment, Sinus arrêta la troupe en montrant devant lui une chose étrange.

A quelques pas devant eux, deux êtres s’avançaient en se dandi­nant. Leur corps était tout petit, leur tête énorme et plate avec des yeux que l’on apercevait à peine, car ils se cachaient sous de gros­ses paupières. Leur nez ressemblait à une trompe d’éléphant.

Du milieu de leur corps, deux longs serpents ronds et minces descendaient jusqu’à terre et leur servaient de pattes.

Tout cela était recouvert d’une peau noire et luisante.

Pierrot pensait qu’il se trouvait devant des animaux et il ques­tionna Sinus qui lui fit comprendre que c’était les habitants de la lune.

Devant ces monstres qui ne ressemblaient pas du tout à des hom­mes, Pierrot ne se sentait pas très rassuré. Il se rapprocha de ses compagnons. Black, lui, tremblait, ne comprenant rien à ce qu’il voyait.

Les lunariens s’approchèrent, regardèrent de leurs petits yeux les voyageurs et Black qui essayait de se cacher, puis ils allèrent vers l’aérobus.

Mais à peine l'avaient-ils touché qu’ils furent pris de peur et se sauvèrent à grandes enjambées.

Au loin, un groupe de lunariens arrivaient et les premiers le s'arrêtèrent pour leur raconter, sans doute, la découverte qu’ils ve­naient de faire.

Sinus s’approcha du groupe pour parlementer.

- Ils n’ont pas l’air méchant, pensa Pierrot et ils ont peur de nous et surtout de l’aérobus.

Avec de grands gestes le savant essaya de se faire comprendre. Il montrait la terre que l’on voyait très grosse et toute rouge dans le ciel.

Pierrot vit avec surprise les lunariens répéter les gestes que le professeur Sinus faisait, exactement comme une troupe de singes.

Sans doute les habitants de la lune comprirent-ils ce que voulait dire le savant, car l’un d’eux s’avança vers lui, fit à son tour de grands gestes puis il tendit à Sinus une de ses pattes comme pour lui dire bonjour.

Heureux de ce signe de bienvenue et de bonne entente, le pro­fesseur appela ses compagnons. Puis comme il ne pouvait leur par­ler, il prit dans sa poche un bout de papier, un crayon et grif­fonna quelques mots qu’il leur donna à lire.

Je crois que les lunariens sont bien disposés pour nous, suivons- les mais ne nous quittons pas.

Il ne faisait pas très chaud et Pierrot, malgré ses épais vête­ments, avait des frissons.

Sinus s’en aperçut et il appela un lunarien qui, comprenant ce que le savant désirait, alla chercher, dans un trou, une sorte de toile épaisse, toute rouge, qu’il plaça, lui-même, sur les épaules de Pierrot.

- Décidément, pensa notre ami, ce sont des gens charmants.

Black, rassuré à présent, frétillait de la queue, faisant l’admira­tion des habitants de la planète qui entouraient le groupe pour re­garder comment les hommes et les chiens, qu’ils n’avaient jamais vus, étaient faits.

Celui qui semblait le chef de la troupe emmena les voyageurs et, bientôt, Pierrot se vit dans une grotte merveilleuse où tout était en verre et éclairée par une lumière bleue comme le ciel

Sur son bout de papier Sinus écrivit

- Nous sommes dans le Palais du Roi de la lune.

A ce moment même, le Roi parut. Il était fait comme les autres, mais beaucoup plus grand et vêtu d’un manteau rouge.

Prenant place sur un trône de diamants, le personnage fit un geste.

On apporta quatre sièges faits d'or et de pierres précieuses.

Nos amis s’asseyèrent, Black comme les autres, car les lunariens ne faisaient pas de différence entre lui et les hommes.

Le professeur Sinus ouvrit une petite fenêtre de son casque et constata qu’il pouvait respirer. Il fit signe à ses compagnons qui enlevèrent les gênants appareils. Le brave Black aboya de Joie en se voyant délivré.

A ce moment des flots de lumière de toutes les couleurs tombè­rent du plafond de la grotte et une douce musique se fit entendre.

Le Roi organisait une fête en l’honneur de ses visiteurs.

Dans l’air des lunariens vêtus de riches costumes pleins de bi­joux se mirent à danser.

Puis il y eut des fontaines lumineuses du plus bel effet, et tou­tes sortes d’autres divertissements.

Quand le spectacle fut fini, des fauteuils roulants furent amenés et chacun prit place.

Black était très fier de se voir traité comme ses amis et il pre­nait un air très important devant les gentillesses des lunariens.

Le cortège descendit une pente douce et visita une ville souter­raine.

De petites maisonnettes à porte basse formaient les rues où se promenaient les lunariens qui, à leur vue, s’arrêtaient étonnés.

Pierrot comprit alors pourquoi on ne voyait pas de vie sur la tune quand on la regardait de la terre. Cette vie se passait à l'intérieur du sol. C’était sans doute parce qu’il faisait trop froid à la surface.

Dans un Jardin ils virent encore des animaux étranges, de toutes les formes et de toutes les grandeurs.

Enfin les guides de la petite troupe la ramena an palais où le Roi leur fit servir un repas fait de fruits et de liqueurs douces dont Pierrot et Black firent leurs délices. Mais bientôt il fallut songer à prendre congé des lunariens car les voyageurs ne pouvaient éternellement rester dans la lune dont la vie, si merveilleuse, ne leur convenait pas.

 

Le retour sur la terre

 

Remettant leur masque sur le conseil du savant, les voyageurs prirent congé du Roi et de sa suite, puis sortirent du palais enchanté.

Quelques instants plus tard, tous avaient repris leur place dans l’aérobus et sous les yeux des Iunariens étonnés, l’appareil s’éle­va dans l’air.

Comme le voyage d’aller, celui du retour commença très bien. Après avoir subi une nouvelle fois la loi des attractions de la lune et de la terre, au grand désespoir de Black qui fut encore une fois changé en ballon, l'aérobus rentra dans la seconde partie du voyage.

Tout à coup une étincelle jaillit en crépitant de l’un des appa­reils et le savant tomba à la renverse.

Relevé par ses compagnons, il constata que le moteur ne mar­chait presque plus.

- Nous voilà bien, fit-il, cela va retarder le voyage, nous avons perdu la moitié de la vitesse.

Et, en effet, le voyage dura longtemps.

En approchant de la terre, l’aérobus fut tout à coup entouré de nuages noirs et menaçants.

- Ça c’est le bouquet, fit Sinus : nous allons être pris dans un orage. Gare à nous.

A peine avait-il fini de parler qu’un éclair formidable zébra le ciel, entourant l’aérobus de flammes.

- Zut.. Zut... Trois fois zut! s’écria le professeur, nous tom­bons.

Le moteur venait de s’arrêter sous le choc de l’éclair.

Aussitôt nos pauvres amis sentirent que l’appareil allait de plus en plus vite.

Pierrot et Black, qui sentaient aussi le danger, se mirent à trem­bler. Ils comprenaient qu’ils allaient s’écraser sur le sol.

Un choc formidable se produisit et Pierrot roula par terre en tenant Black serré contre lui...

N’entendant plus rien, Pierrot ouvrit les yeux et se vit dans sa chambre, il serrait dans ses bras un oreiller et était tombé sur la descente de lit

- Eh bien Pierrot, fit Marisette qui était accourue au bruit de sa chute, qu’est-ce qu’il t’arrive... tu tombes?

Notre petit héros comprit qu’il venait de faire un rêve et que son beau voyage dans la lune n’avait jamais existé.

Tout étonné et aussi tout peiné de cette déception, il ne répondit pas, mais il pensa :

- Oui... Je tombe... de la lune!

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