William Le Queux est né le 2 Juillet 1864 à Londres (Royaume-Uni) et il est mort le 13 Octobre 1927 à Knokke (Belgique). Son père était un drapier français et sa mère était anglaise.

Il peut aussi être considéré comme un pionnier de l’aviation et de la radio. Il a fait partie des organisateurs du meeting aérien de Doncaster en 1909 et a diffusé ses propres émissions musicales bien avant le lancement des grandes radios officielles. Mais il était avant tout journaliste, écrivain et romancier ,un précurseur du roman d'espionnage et un critique véhément de la faiblesse des défenses militaires de la Grande-Bretagne avant la Première Guerre mondiale.

Il a fait ses études en Europe et étudie à Paris, en profite pour réaliser un vaste tour de l'Europe avant de commencer sa carrière en écrivant pour des journaux français. À la fin des années 1880, il retourne à Londres pour se lancer dans un carrière de journaliste où il travaillera pour de nombreuses magasines. En 1893, il abandonne le journalisme pour se concentrer sur l'écriture et vivre de sa plume

William Le Queux eut une influence majeure sur la politique militaire britannique contemporaine dans la première décennie du XXe siècle et il a relevé son importance politique sur la scène nationale: correspondant de guerre britannique il fut l'un des critiques les plus explicites de l'armée britannique, en particulier la politique navale, qu'il considérait comme dangereusement faible dans cette première partie du XXe siècle. Sa vision de précurseur trouveront leur apothéose dans ses romans d'anticipation militaire qu'il rédigea comme une mise en garde et dès 1894 il publiera son premier roman du genre avec « The great war in England in 1897» en 1894 ( publié à Londres), suivront en 1899 « England's péril » (Londres ) et « The invasion of 1910 » 1906 qui connaîtra un sucés phénoménal car traduit en France en 1907 à la librairie Fischbacher et en Allemagne sous le titre « As der Einfall der Deutschen in England » également en 1907, Pour la petite histoire l'édition outre Rhin connaîtra une fin différente que l'édition originale, dans cette version, plutôt que du massacre de l'armée d'invasion Allemande, on accord de paix sera rédigé entre les nations belligérantes. Ce roman est apparu d'abord sous une forme sérialisée dans le journal Daily Mail. Le succès fut tel qu'il put ainsi vivre avec une certaine aisance

Mais outre sa fonction d'écrivain il était aussi un diplomate et un voyageur infatigable, ce qui lui donna ce goût pour le risque et l'aventure que l'on retrouve dans une grande majorité de ses romans. De fait, sa verve est-elle qu'il est parfois difficile de faire la part des choses entre histoires inventées ou vécues et deviendra le chef de file du roman d'espionnage et préfigurera avec de nombreuses années d'avance une grande figure mythique du genre : James Bond .

 

Peu de roman de cet auteur furent traduits en France aussi la nouvelle qui va suivre va faire un peu exception à la règle car elle fut non seulement publiée dans la revue « Le Dimanche illustré » en 1927, mais elle relève de plus d'un domaine qui nous touche plus particulièrement «  Les mondes perdus ». En s'appuyant sur ce drame survenu à une expédition scientifique avec à sa tête Paul-François-Xavier Flatters dans le Hoggar qui forte d'une centaine d'hommes disparaîtra sans laisser de traces, l’histoire que vous allez lire s'efforce, d'une manière fantastique, d'en retracer le funeste destin.En mélangeant comme à son habitude, éléments réels et imaginaires, William Le Queux nous livre une explication tout aussi extraordinaire et pousse encore plus loin toute la zone de mystère qui plane sur cette immense étendue désertique du Sahara. De nombreux auteurs se sont essayés à, ce genre d'exercices, Pierre Benoit en tête de liste avec son « Atlantide », mais nul doute qu'à la lecture de cette nouvelle, les immenses étendues sèches et arides du désert , vous feront changer d'avis et reconsidérer notre opinion. Entre Abraham Meritt et Jack Williamson et son « Sang doré »une « plongée » dans les entrailles du désert qui nous fait reconsidérer notre histoire des civilisations

« Le secret de Sâ » paru dans la revue « Dimanche illustré » N° 244 du Dimanche 30 Octobre 1927 page 6 à la page 7, adapté de l'anglais par René lecuyer, « L'homme voilé » (« The veiled man »)1899, Illustration intérieure de Dutriac

Il s'agit, dans ce curieux récit, d'une région inconnue, où l'on retrouve les traces du colonel Flatters, le courageux et glorieux explorateur disparu mystérieusement.

Le mystère le plus profond a toujours plané sur la fin de l'illustre colonel Flatters qui fut dit-on assassiné, au cours de l'une de ses explorations, par une bande de Touaregs. Toute différente, au contraire, est la version qui m'en fut donné dernièrement, et précisément par un vieux chef Targui qui avait été jadis la terreur du désert d'Agreb, mais qui s'était, par la suite, rallié à la cause de la France.

Si je la livre aujourd'hui au public, ce n'est nullement dans l'intention de réfuter la légende qui s'est accréditée jusqu'à ce jour, mais simplement parce qu'elle m'a paru présenter un intérêt assez vif pour mériter d'être discutée.

Pour ne pas être irrécusable, le témoignage apporté par le Scheik Ahamadou a, du moins, le mérite d'être aussi plausible que le récit publié antérieurement, et j'avoue que, pour ma part, mes convictions ont été très ébranlées par l'accent de vérité avec laquelle il me conta son histoire. Au lecteur d'apprécier et, après mûre réflexions, de se former, selon lui, l'opinion qu'il jugera le plus conforme à la raison.

Au coeur même du Sahara, me dit-il, au milieu de cette mer incommensurable de sables arides et bruns, soumise, tout comme l'océan, à de perpétuelles alternatives de calme et de tempêtes, court un profond ravin rocheux qui, de tout temps, a fait le désespoir des géographes. Après avoir pris naissance aux rivages du lac Tchad, il s'étend sur un parcours de près de 1300 kilomètres en droite ligne, vers le Nord, jusqu'au lac Melghir. On l'appelle l'Igirghar, et il est constitué par l'ancien lit d'un fleuve asséché depuis deux mille ans qui, conjointement avec ses affluents, apportait jadis dans cette région, aujourd'hui si morne et si désolée, une fertilité positivement prodigieuse.

A en croire les légendes qui se colportent dans les marchés des villes du désert, ce fleuve qui aurait été en son temps aussi large que le Nil, se serait presque brusquement tari par suite d'une cause inexplicable.. Depuis lors, une portion de son cours, d'une étendue d'environ 320 kilomètres, à moitié comblée par les sables, sert de route habitude aux caravanes qui se rendent à Agadès, la capitale du pays d'Ahr, à Temasinin, au pied du plateau de Tinghert. Mais pour le reste, il est tellement obstrué par les rochers qui l'encombrent, que le passage est tout à fait impraticable, et nous a maintes fois servi d'embuscade lorsque nous nous battions avec les maraudeurs Ouled Sliman, nos ennemis héréditaires.

Un jour, nous étions campés à l'ombre de ces grands rochers, jadis recouverts par le torrent des inondations. Partout autour de nous s'étendait à perte de vue l'immensité des sables, connue sous le nom néfaste.d'Ur-Immandes, "Il (Allah) n'entend point"; autrement dit: sourd aux appels du voyageur égaré. C'est une région âpre et morne, et l'une des plus torride de l'Afrique du Nord. Le sirocco y souffle presque toute la journée, et l'aspect général des dunes s'y modifie d'heure en heure.

Nous avions déjà livré un combat acharné à la horde farouche des Ouled Sliman, près du puits d'Aguar, mais, nous étant rendu compte que nos adversaires étaient armés de fusils qui leur avaient été fournis par des trafiquants Européens, nous nous étions retirés dans l'Igharghar, où notre connaissance plus approfondie du terrain nous procurerait un avantage signalé.

Nous avions essuyé, trois jours auparavant, des pertes sérieuses, et notre Cheik Hamoud avait dépêché en toute hâte des messages à l'oasis de Noum-en-Nas pour demander du renfort.

Cette nuit-là, quand la lune fut levée, je partis en reconnaissance vers le nord, avec Hamoud, un de mes compagnons, le long du fleuve asséché, afin de savoir si l'ennemi se trouvait dans le voisinage. Comme il était impossible de remonter à cheval cette vallée encombrée de rochers, nous fûmes contraints de nous mettre en route à pied.

En passant par le désert, -autrement dit en suivant l'un des côtés qui surplombait cette vallée aride-, nous aurions certainement attiré l'attention sur nous, et il en serait un grave péril pour notre camp, installé dans un endroit inaccessible et retiré, situé à un tournant de l'ancien fleuve.

Dans la nuit, nous avançâmes péniblement ainsi, tantôt escaladant d'énormes quartiers de rocs fendus par les midis brûlants et les nuits glaciales, tantôt enfonçant jusqu'aux genoux dans les éboulis de sable mou.

Chemin faisant, mon compagnon et,moi, nous nous mîmes à discuter sur les causes probables de la disparition du fleuve. Hamoud était d'avis que, pour une raison ou pour une autre, sa source avait pu se tarir, mais je lui objectai que, de tous temps, les géographes avaient écarté cette hypothèse comme inadmissible, et lui exposai ensuite les diverses théories qui avaient successivement été émises, puis abandonnées à leur tour. Aujourd'hui encore, malgré tant de recherches accumulées, l'énigme demeurait aussi insoluble que jamais.

Notre marche se poursuivit pendant deux autres journées. Les Ouled Sliman demeuraient toujours invisibles. Finalement, nous nous trouvâmes devant une sorte de falaise verticale et nue, sur laquelle devait, à n'en point douter, se déverser jadis une formidable cataracte. A cet endroit, l'espèce de plateau sur lequel nous avancions était tranché net, et, en se plaçant au bord, on, découvrait une immense plaine qui s'étendait jusqu'à une distance de plusieurs kilomètres.

Comme le soir tombait, nous étant mis à l'abri sous un rocher surplombant, nous pûmes nous installer pour dormir.

Dès avant l'aube j’étais debout, et, laissant reposer mon compagnon qui dormait encore profondément, je m'avançai jusqu'au bord de l'ancienne cataracte afin de l'examiner plus en détail. Au bout d'un certain temps, je parvins à un endroit où il était possible de tenter une descente le long de la falaise. Je n'eus pas trop de difficulté à en atteindre la base, où je trouvai le sol recouvert d'un sable mou dans lequel le pied s'enfonçait.

Tout d'un coup, au moment où je m'y attendais le moins, un vacarme assourdissant m'emplit les oreilles, et je me sentis tomber sans pouvoir me retenir. En vain, j'essayai de me cramponner aux pierres qui se trouvaient à portée de mes mains; je glissai toujours, et, soudain, je ressentis à la tête un choc violent qui me fit perdre conscience.

Combien de temps restai-je dans cet état d'engourdissement? Je ne saurais le dire. J'ai idée qu'il sc prolongea durant plusieurs heures, attendu que, lorsque je revins à moi, je m’aperçus que la profonde obscurité m'environnait. Un rugissement continuel, comparable au bruit du tonnerre, retentissait à mes oreilles. Je me sentis transi de froid et, en étendant la main, je m’aperçus que je gisais au milieu d'une sorte de vase très liquide qui, en me giclant au visage, m'avait à moitié suffoqué. J'essayai alors de me ressaisir complètement afin de mieux comprendre ce qui m'arrivait, et je ne tardai pas à me rendre compte que ce que j'entendais était une chute d'eau apparemment très importante, mais que je ne pouvais voir.

Rendu plus prudent par la culbute que je venais de faire, et craignant de tomber à nouveau, je m'avançai tout doucement sur les genoux et sur les mains. Au bout de quelques instants, je rencontrai de l'eau qui coulait avec rapidité. Alors je compris que je devais être au bord d'une rivière souterraine inconnue. J'aurais été incapable de préciser les dimensions que pouvait avoir l'espèce de caverne où le hasard m'avait précipité. A trois reprises je criai de toutes mes forces, mais le vacarme de la chute d’eau était si fort que ma voix n'éveilla aucun écho.

Je me mis à suivre la rive du cours d'eau en remontant dans la direction où devait être sa source. Mais je n'avançais qu'avec une extrême difficulté, en raison même de la nature marécageuse du sol.

Néanmoins, quelque chose de bien plus terrible m'attendais. Après avoir peiné ainsi pendant plusieurs heures, mes mains, toujours tendues en avant comme celles d'un aveugle, finirent par se heurter contre une muraille de roc qui me bloquait la route. J'eus beau tâtonner en tous sens, je ne pus découvrir aucune issue en dehors de celle par laquelle s'écoulaient les eaux et qui était inaccessible pour moi. Il fallut alors me rendre à l'évidence et admettre la terrible vérité: j'étais enterré vivant aussi sûrement que si l'on m'avait enfermé dans un tombeau.

Le choc que j'avais reçu à la tête me faisait abominablement souffrir, et je me sentais envahi par les plus folles angoisses, maintenant que je me savais condamné à périr misérablement dans cette épouvantable caverne. Démoralisé, à bout de fatigue, je me laissai tomber au bord du torrent et je m'endormis.

Lorsque je me réveillai, j'eus la vive surprise de constater que la caverne était éclairée d'une faible lumière verdâtre, permettant tout juste de se rendre compte que le torrent était très large et très profond et que l’espèce de tunnel sous lequel il passait était très bas,mais très étendu et que le cours d'eau souterrain à cet endroit se déversait à l'air libre.

Tout à coup, au milieu du vacarme assourdissant du torrent, le son d'une voix humaine vint frapper mes oreilles. Stupéfait, je me retournai vivement du côté d'où elle m'avait semblé provenir, et je vis un long bateau ayant vaguement la forme d'une pirogue et monté par deux rameurs, qui se dirigeaient rapidement vers moi.

Je n'étais pas encore revenu de la surprise où m'avait jeté cette apparition inattendue que, en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, les deux rameurs avaient accosté la rive sur laquelle je me trouvais et, après avoir tiré de l'eau de leur embarcation, s'étaient approchés de moi et avaient commencé à m'interroger dans un langage inconnu. Éclairé par cette faible lumière verdâtre, ils prenaient un aspect fantastique. De taille très petite, ils paraissaient avoir la peau d'un jaune clair, leurs cous et leurs bras étaient ornés de colliers et de bracelets en os ouvragés, et ils portaient autour des reins un pagne d'une matière écailleuse comme la peau des poissons ou des reptiles. Chacun d'eux tenait entre les mains de longues lances barbelées. Il revenaient évidemment de la pêche, car leur embarcation était presque comble. Tandis que je secouais la tête pour leur expliquer que je ne comprenais pas ce qu'ils me demandaient, le grondement produit par les eaux s'accentua si brusquement et si fort que, ne pouvant plus se faire entendre, ils cessèrent de parler et, subitement pris de panique, se précipitèrent à nouveau dans leur pirogue où il m'entraînèrent avec eux. Leur promptitude à agir me sauva la vie, car, presque au même instant, l'embarcation fut brutalement soulevée par un grossissement spontané du torrent, qui éleva le niveau de l'eau dans la caverne avec une rapidité stupéfiante. Notre barque monta à une telle hauteur que nous eûmes tout juste le temps de nous jeter à plat ventre pour ne pas nous cogner la tête contre la voûte. Mais le fait d'avoir ainsi miraculeusement échappé à la mort ne me rassurait nullement sur le sort qui m'attendait. Où m'emmenait-on? Qu'allait-il advenir de moi?

Après avoir échangé entre eux quelques paroles brèves, mes ravisseurs s'étaient ausitôt courbés sur leurs avirons et, ramant avec force, n'avaient pas tardé à s'arracher aux terribles remous du torrent impétueux et à s'élancer sur la surface calme et unie d'une nappe d'eau considérable qui ressemblait à un lac.

Il s'agissait, cette fois, d'un large espace entièrement découvert où le soleil entrait librement et où régnait une végétation luxuriante.

Notre embarcation s'étant approchée du rivage, nous fumes tout de suite entourés d'une foule de gens d'un aspect semblable à celui des deux hommes qui m'avaient amené et qui sortirent de petites cavernes creusées au bord de l'eau pour venir m'examiner avec curiosité, et non sans une certaine méfiance, car je n'avais pas retiré mon Litham, et ma figure voilée devait leur paraître suspecte.

Avec des explications volubiles, accompagnées de fortes gesticulations, mes ravisseurs racontèrent à leurs congénères comment ils m'avaient capturé et, lorsque chacun m'eut bien examiné sur toutes les faces, on m'arracha subrepticement mon voile, et l'on me conduisit dans l'une des petites cavernes où je fus attaché au moyen d'une chaîne grossière. Après m'avoir apporté à manger, les singuliers habitants de ce pays inconnu se rangèrent en cercle au bord de la rivière et exécutèrent une série de danses sauvages, rythmée de cris étranges et gutturaux, qui, sous le rapport de la frénésie, ressemblait assez à celle des Ouled Nads.

Il y avait déjà un certain temps que j'observais leurs évolutions fantastiques, lorsque je remarquai, au milieu du cercle, un homme de haute taille, d’un teint beaucoup plus pâle que le mien et qui n'était vêtu que de haillons.

Après l'avoir observé plus attentivement, lorsque les déplacements de la foule qui m'en séparait me le permirent, je m'aperçus que c'était un européens, et que ces misérables loques avaient dû être jadis un uniforme français. Il avait la barbe et la moustache complètement grises, et sa physionomie était empreinte d'une expression de désespoir infini. Je compris que, lui aussi, était captif.

Tout à coup, à ma vive stupeur, les danseurs, d'un commun accord, s'agenouillèrent et se prosternèrent devant lui comme devant une idole. Pendant longtemps, ils lui adressèrent des prières et des incantations, puis ils décidèrent de se disperser, le laissant libre de regagner sa caverne qui était voisine de la mienne. Trop absorbé, sans doute, par les sombres pensées auxquelles il paraissait en proie, il ne semblait pas s'être aperçut de ma présence, et, malgré le vif désir que j'aurais eu d'attirer son attention, je n'osai l'appeler dans la crainte que cela n'excitât le courroux de la singulière peuplade parmi laquelle j'étais tombé.

Peu à peu, comme le soleil déclinait derrière les hauts rochers à l'entour, les ombres s'allongèrent, et le crépuscule envahit l'espace découvert qui tenait lieu de rue, et où des hommes et des femmes de cette tribu ignorée se réunissaient pour causer et pour fumer, pendant que d'autres, s'embarquant sur leurs pirogues avec des faisceaux de lances acérées, s'en allaient à la pêche dans la direction d'où j'étais venu.

Enfin, la nuit étendit ses voiles, les habitants regagnèrent leurs demeures, et le silence s'établit.

Malgré ma profonde lassitude, la situation critique dans laquelle je me trouvais ne me permettait pas de dormir, et je demeurai ainsi pendant des heures, abîmé dans les plus amères réflexions. A un moment donné, j'entendis remuer et gémir à côté de moi, et je devinai que c'était le mystérieux européen. Effectivement, je le vis, un instant, passer devant moi à pas lents, la tête penchée sur la poitrine.

Je l'interpellai aussitôt en français, en ayant soin de baisser la voix afin de ne pas être entendu par les indigènes.

Il tressaillit et s'arrêta en cherchant à me voir. Lorsque je lui eus murmuré quelques mots pour le rassurer et lui expliquer que j'étais son compagnon de captivité, il s'approcha de moi, me devisagea d'un oeil un peu soupçonneux et me demanda qu'elle était mon nom.

Je lui dis qui j'était, et lui adressai ensuite la même question.

-Mon nom est Flatters, me répondit-il en Arabe. Tu as sans doute entendu parler de moi et de mes expéditions à travers le désert?

-Flatters! M'écriai-je. Tu es le colonel Flatters, l'explorateur disparu que les français recherchent depuis trois ans.

-Lui-même, me répondit-il avec un profond soupir en se croisant les bras. Depuis trois ans, je suis prisonnier dans ce maudit pays de Sâ.

Sa haute silhouette se découpait sur le fond constellé du firmament,mais il gardait la tête basse,

dans une attitude abattue. Les exploits de ce hardi pionnier avaient éveillé l'admiration du monde entier.

Et dire que, pendant que l'on remuait ciel et terre pour le retrouver, il était là, dans cette caverne, et, pour ainsi dire, sous les pieds de ceux qui le cherchait!

-Tu n'a pas essayé de t'évader? Lui demandai-je tandis qu'il se laissait tomber avec accablement à côté de moi sur un quartier de roc.

-Si, me répondit-il avec tristesse; seulement j'ai perdu toutes mes notes et toute ma collection géologique. Il n'existe aucune issue pour sortir d'ici. Les rochers qui se trouve là-bas sont trop hauts et trop abrupts pour qu'on en puisse tenter l'escalade, et le niveau de la rivière s'est élevé à tel point qu'il n'existe plus ni entrée ni sortie.

Je lui racontai en quelques mots ce qui m'était arrivé, et, à son tour, il entreprit de me faire le récit de son étrange disparition.

-J'étais parti d'Alger avec cinq compagnons européens et, après avoir voyagé pendant neuf mois à travers la région inhospitalière d'Ahhaggar, je me trouvai seul lorsque je parvint au mont El Aghil, tous mes camarades étaient morts en cours de route. Ne pouvant revenir sur mes pas de peur de me heurter encore à la farouche hostilité des Kel-Rhele, je fus forcé de pousser plus avant vers le Sud, à travers le pays d'Ahr, atteignant finalement, non loin du lit desséché d'Igharghar, une grande et curieuse oasis dont la terre était complètement noire et humide, formant un contraste frappant avec le sable d'un rouge terne du désert qui l'entoure. La végétation y était luxuriante; les melons d'eau y poussaient à profusion, et j'y découvris, en l'explorant, une sorte de petit lac intérieur positivement ravissant. Autour de l'oasis se dressaient de grands rochers et il y avait dans l'un d'eux une ouverture à l'entrée de laquelle étaient grossièrement gravés des signes bizarres.

Je présumai que ces signes étaient des hiéroglyphes d'une race ancienne et leur étrangeté éveilla ma curiosité. A l'encontre de ceux que l'on avait découvert jusqu'à ce jour, ils étaient de proportions énormes et représentaient des hommes, des monstruosités et des animaux d'espèces inconnues. En pénétrant dans la caverne je pus constater à la lueur d'une torche que j'avais allumée, que l'intérieur était complètement recouvert de dessins analogues. Je m'approchai pour mieux les voir et leur examen finit par m'absorber à tel point que, sans m'en rendre compte, je posai les pieds sur des branchages qui se rompirent aussitôt sous mon poids, et je tombai dans l'abîme au-dessus duquel ce piège avait été disposé. Lorsque je sortis de l'étourdissement que ma chute avait occasionné, je m'aperçus que, comme toi, j'étais prisonnier des sauvages habitants du monde inconnu où nous sommes.

-Mais qui sont-ils? Lui demandai-je. Jamais je n'en avais entendu parler.

-Moi non plus, me répondit-il. Je les ignorais totalement ainsi que cette rivière souterraine sur laquelle ils naviguent. Depuis j'ai tout juste réussi à glaner quelques mots de leur langue barbare, et je sais qu'ils ont donné à leur singulier territoire le nom de Sâ.

Cette rivière elle-même est une véritable énigme, lui fis-je observer.

-Elle est au contraire, la réponse à une énigme qui intriguait tant les savants, attendu qu'elle explique, enfin, la mystérieuse disparition.du fleuve Igharghar.

-Mais, à ton avis, où prend-elle sa source?

-Dans le lac Tchad, j'en suis certain, attendu que les poissons dont elle est peuplée sont exactement les mêmes que ceux que l'on trouve dans le lac, avec cette simple différence que l'habitude de vivre dans la nuit leur a fait perdre les yeux. Mais ce qu'il y a de plus curieux dans mon aventure, c'est que ces indigènes, n'ayant jamais vu de leur vie un homme blanc s'imaginent que je suis un être surnaturel et m'adorent sous le nom de Sâ, leur principal dieu.

Après avoir longuement discuté ensemble sur les chances que nous pouvions avoir de nous évader, nous finîmes par décider que le mieux serait peut-être de nous emparer d'une pirogue afin d'explorer le mystérieux cours d'eau en amont. Cette résolution à peine prise, nous nous empressâmes de la mettre à exécution. A l'aide d'un grossier marteau de pierre qui se trouvait dans la caverne, mon compagnon me débarrassa de mes entraves et nous gagnâmes ensemble et sans bruit la rive herbeuse et déserte où étaient amarrées les embarcations. Nous en trouvâmes une toute garnie d'avirons, de lances et de torches et, y ayant pris place, nous nous éloignâmes tout doucement pour ne pas donner l'alarme.

Après avoir ramé longtemps, nous aperçûmes devant nous deux longs faisceaux de lumière brillante qui tombaient d'aplomb dans l'eau, et, lorsque nous en fumes approchés, un spectacle stupéfiant s'offrit à nos yeux.

Une colossale figure grimaçante, sculptée à même le roc, se dressait en face de nous. Ses proportions gigantesques et la férocité de son expression qu'accentuaient encore les lumineux rayons émanant de ses yeux, lui donnaient un aspect littéralement diabolique et effrayant.

-Ceci, s'écria le colonel Flatters, doit-être le fameux dieu Sâ, dont j'ai tant entendu parler pendant mon séjour chez ces sauvages. C'est leur divinité la plus vénérée, et, d'après ce que j'ai cru comprendre, ils le considèrent comme l'inexorable gardien de leur singulier royaume.

-Mais, m'exclamai-je en regardait la stupéfiante figure de pierre, la lumière qui sort par les yeux est elle du soleil! ce sont de simples trous par lesquels ils pénètrent jusqu'ici!

C'était on ne peut plus exact. Les deux ouvertures rondes pratiquées vers le sommet de ce bizarre spécimen de sculpture laissait passer librement l'air et la lumière du désert.

Lorsque nos yeux se furent un peu réhabitués au jour nous fîmes une autre découverte non moins extraordinaire que la première. Le rocher sur lequel était sculpté l'image descendait à pic dans les flots noirs du fleuve, mais, de place en place, étaient aménagés des petites niches contenant des ornements d'or et des pierres précieuses donnée en offrande à la divinité. D'un commun accord, nous évoluâmes pour amener notre pirogue contre le roc, en prenant garde, toutefois, que la force du courant ne la rejetât pas contre les pierres raboteuses, et, allongeant la main, je saisis une poignée d'ornement dans lesquels étaient enchâssés des perles, des émeraudes et des diamants. En les examinant au soleil, nous acquîmes la certitude qu'ils remontaient à une époque très ancienne.

Néanmoins, le mouvement instinctif de convoitise auquel nous avions cédé à la vue de ces trésors inattendus, ne nous avait fait que très momentanément oublier le véritable but vers lequel tendaient nos efforts, et, après avoir échangé nos impressions, nous finîmes par conclure que, puisque cette colossale figure était la gardienne du pays inexploré, cela devait vouloir dire qu'il y avait là une issue conduisant à l'air libre et, par conséquent, au salut. Après avoir, non sans difficulté, allumé une de nos torches, nous la fixâmes à l'avant de notre pirogue, puis nous nous mîmes à aller et venir devant l'idole, en examinant avec soin la base du rocher. Pareils à deux projecteurs, les rayons du soleil qui filtraient à travers les yeux de la divinité fouillaient l'eau jusqu'à une grande profondeur, nous révélant tout un monde de poissons et de serpents aquatiques attirés par la lumière autour de l'embarcation. Deux grosses chauve-souris noires, entrées par les trous des yeux et que notre présence avait effarouchées, se mirent à tourner en cercle autour de nous en battant sinistrement des ailes.

A part les petites niches dont j'ai parlé, il n'existait sur le rocher aucune saillie susceptibles de nous servir de point d'appui pour en tenter l’escalade et parvenir jusqu'aux yeux, seules ouvertures par lesquelles il nous fut possible de nous frayer un chemin en vue de regagner le monde extérieur, en admettant toutefois, qu'elles fussent assez large pour laisser le passage à un homme. Or, ces niches étaient si étroites que nous n'osions nous élancer, car le moindre faux pas nous aurait condamnés à une mort certaine dans les eaux noires du fleuve.

Finalement, après avoir bien calculé son élan, mon compagnon, qui était un homme extrêmement agile et d'une musculature peu commune, abandonna soudain la pirogue et sauta sur l'idole où il resta cramponné par les mains à l'une des niches. Pendant quelques instants, ses jambes se balancèrent dans le vide, puis il trouva un rebord où les poser et lentement, avec les plus grandes difficultés, commença à se hisser le long du visage monstrueux. Frémissant d'émotion, je ne le quittais pas des yeux, maintenant la pirogue à proximité de l'idole afm de pouvoir lui porter secours si il tombait. Parvenu enfin sur la bouche grimaçante, il s'arrêta tout pantelant et se retourna vers moi la figure bouleversée.

-Qu'y a-t-il? Lui demandai-je avec inquiétude.

-Suis-moi, me dit-il simplement, les dents serrées.

Profitant de ce que l'embarcation repassait à l'endroit où il avait sauté, je m'élançai à mon tour et m'accrochai à la niche dont il s'était servi. Mais à peine avais-je abandonné la pirogue qu'un cri d'angoisse m'échappa: je venais de me rappeler soudain que, dans mon émotion, j'avais oublié de l'amarrer. Hélas! Il était déjà trop tard: quand je me retournai pour regarder par-dessus mon épaule, elle avait déjà disparu.

Lorsque je fus grimpé assez haut, mon compagnon se pencha et me tendit la main pour m'aider, quelques secondes plus tard j'étais debout à côté de lui sur le précaire support constitué par la lèvre inférieure du Dieu. Ce que je vis alors était si horrible que j'en restai médusé. La bouche ouverte par son expression grimaçante formait en réalité, un passage profond et obscur, de la hauteur d'un homme, en deçà duquel on entrevoyait des dents faites avec des lames d'acier acérées, rouillées par le temps et l'humidité. Il y en avait vingt à la mâchoire supérieure, et vingt à la mâchoire inférieure, et ces lames tranchantes comme des rasoirs, s'entre-croisaient si étroitement qu'elle constituaient une barrière infranchissable. Or, et c’est là ce qui nous avait inspiré à tous deux tant d'épouvante et d'horreur, entre ces deux hideuses mâchoires, et comme s'il avait été broyé par elles, gisait le squelette d'un homme dont le crâne était en deçà des lames et les tibias en dehors. Tout semblait indiquer que le malheureux avait été broyé après avoir été happé de la sorte au moment où il cherchait, comme nous, à s'évader. Cette macabre découverte nous donna néanmoins à penser qu'il devait exister un moyen quelconque de faire fonctionner les mâchoires, moyen qu’il fallait coûte que coûte découvrir, puisque nous nous rendions compte à présent que de lui seul dépendait maintenant notre salut. Je dis de lui seul pour la bonne et simple raison que d'une part notre pirogue était partie à la dérive, la retraite nous était coupée, et que d'autre part, placés comme nous l'étions maintenant, il nous était facile de voir que les ouvertures des yeux étaient absolument impraticables.

Pendant plus d'une heure, avec une laborieuse patience, nous nous ingéniâmes à découvrir le mystérieux mécanisme qui servirait à nous rendre notre liberté; mais nous eûmes beau sonder tous les orifices, palper toutes les saillies, examiner jusqu'en ses moindres recoins cette énorme et fantastique tête de pierre, nous ne pûmes en percer le secret et las de chercher en vain, nous étions déjà prêts à nous considérer comme perdus et à nous abandonner au désespoir, quand, tout à coup, par le plus pur des hasards, il me sembla apercevoir émergeant à la surface de l'eau, quelque chose qui ressemblait à un levier. Étant donc redescendu jusqu'au niveau du fleuve, je me cramponnai du mieux que je pus au rocher avec une main en allongeant l'autre bras pour tâcher d'atteindre l'objet. Ce ne fut pas sans peine que j'y parvins, car j'étais obligé pour cela de me placer dans une position des plus mal commodes et des plus périlleuses; mais je fus bientôt récompensé de ma peine car je sentis le levier s'incliner lentement sous mes efforts. En même temps un grand bruit d'eau qui semblait s'écouler dans un réservoir se fit entendre, immédiatement suivi par un grincement métallique au-dessus de moi.

-Enfin! s'écria le colonel, transporté de joie.

Avec les mêmes précautions que la première fois, je me hissai à nouveau jusqu'à la bouche de l'idole pour le rejoindre; mais lorsque j'y arrivai, impatient sans doute de s'élancer à la découverte, il avait déjà pénétré dans l'antre obscur sans m'attendre. Pendant quelques instants j'entendis ses pas s'éloigner dans les sombres profondeurs de la gorge de Sâ, puis un grand cri me parvint aux oreilles et presque au même moment le bruit d'un corps tombant dans l'eau.

En vain l'appelais-je à plusieurs reprises. Je n'obtins aucune réponse. Trompé par l'obscurité il avait dû poser un pied à faux et être précipité dans quelque abîme. Alors, angoissé, me demandant à tout moment si je n'allais pas subir le même sort, je m'avançai très doucement sur les mains et sur les genoux, en tâtant sans cesse devant moi. A un moment donné, je rencontrai le vide, et je compris que j'étais au bord du fatal précipice qui venait de causer la perte de mon ami. Rencontrant quelques menus fragments de roc sous mes doigts, je les ramassai et les jetai au-dessous de moi. Le laps de temps qu'il leur fallut pour toucher l'eau me fit supposer que ce précipice devait être fort profond.

Par intervalles, je me reprenais à appeler mon compagnon, m'acharnant à espérer qu'il avait été peut-être étourdi par sa chute. Mais non, à quoi bon me leurrer? N'avais-je pas entendu le bruit de l'eau? Il n’y avait aucun doute possible: il s'était noyé.

Après avoir longtemps tâtonné et cherché autour de moi, je finis par découvrir l'endroit ou le précipice finissait et je me remis à avancer au milieu des ténèbres les plus profondes. Une chose me donnait du courage: c'était que l'air que je respirais était meilleur et plus frais, ce qui devais certainement signifier qu'il y avait une issue devant moi. Combien de temps dura mon pénible acheminement à travers ce boyau étroit et humide, je ne saurais le dire, mais je puis affirmer qu'il me parut interminable et que j’étais à bout de force lorsque je le vis enfin s'élargir et que je finis par déboucher au milieu d'un amas de broussaille qui m’annonçait que j'étais sauvé.

Cette lente ascension avait été si prolongée qu'il faisait maintenant nuit et qu'il me fut tout d'abord impossible de me reconnaître, mais à l'aube, je m’aperçus que j'étais dans un endroit fertile que je voyais pour la première fois mais qu'entourait une ceinture de dunes d'un aspect familier à mes yeux. A ma vive stupéfaction, je me rendis compte que je me trouvais dans l'oasis d'Am Ohannan, sur la route parcourue à travers la région déserte d'Afelèle par les caravanes qui se rendent à Touat. J'avais donc accompli près de 80 kilomètres dans cette région souterraine inconnue; mais cela m'avait du moins permis d'apprendre deux faits importants: en premier lieu, pour quelle raison l'Ingharghar avait cesser de couler et en second lieu, qu'elle avait été la véritable destinée du grand explorateur Flatters. Une lune après mon évasion, je pus rejoindre mon peuple et quand la nouvelle de mon extraordinaire aventure fut rapportée au bureau Arabe à Alger, je reçus une convocation pour en fournir un compte rendu détaillé devant une petite réunion de géographes et d'attachés militaires.

A la suite de cela, plusieurs expéditions françaises furent envoyées à la découverte de ce singulier royaume des ténèbres, mais toutes leurs tentatives échouèrent. Son entrée, sous la cataracte asséchée de l'Ingharghar n'est plus aujourd'hui qu'un puits débordant, autour duquel croît un peu d'herbe; quant à sa sortie sur l'Am Ohannan, je ne l'ai malheureusement pas retrouvé. Il n'en est pas moins vrai que depuis cette singulière aventure ! mes compagnons du désert m'ont toujours attribué le nom d'El Ouaci, celui qui veut dire "celui qui enseigne", parce que j'avais j enseigné aux français l'existence d'une région insoupçonnée et que. j'avais su deviner le Secret de Sâ

 

William Le Queux

 

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