"SUR LE MUR" de Marcel Roland

Illutration de A.Robida

 

Le voyage dans le temps peut s'effectuer de diverses manières, le plus courant étant bien évidemment la fameuse machine, mais il en existe beaucoup d'autres et je ne peux que vous conseiller de vous reporter sur l'article présent sur ce site au sujet de Guiseppe Lipparini « Le maître du temps » ) . Un petit inventaire y a été dressé et qui vous sera peut-être utile lors de vos recherches. Voyager dans le temps au moyen d'une image imprimée sur les objets, servant de récepteur, sorte de « banque de stockage » est par contre un procédé moins utilisé dans notre littérature et si un nombre conséquent d'auteurs utilisèrent la pupille des victimes pour imprimer l'image de l'assassin, rares sont ceux qui utiliseront un autre support pour « imprimer »certains faits.

Marcel Roland, un habitué des spécialistes pour ses nombreuses incursions dans le « merveilleux scientifique » va donc avec cette nouvelle, se plier aux règles et nous proposer une des rares nouvelles où un machine sera capable de restituer des événements passés.Son procédé va permettre d'exploiter n'importe quel support, mais vous allez vite vous rendre compte à la lecture de cette plaisante nouvelle que science et énigmes policières peuvent faire bon ménage. On se plaît alors à rêver de l'exploitation d'une telle machine par une équipe de police scientifique, mais en conclure finalement que toute énigme perdrait alors de son piment et que ce type de littérature serait définitivement obsolète: Le mot « Mystère » n'aurait alors plus aucun sens

Je vous laisse donc au pied de ce mur avec, pour l'inventeur de la machine, clore un drame qui sera le point final de sa vie d'inventeur !

 

Bibliographie sélective de l'auteur

 

  • « Le presqu'homme roman des temps futurs » éditions Méricant 1907 (1er tome du cycle « La légende de demain)

  • « Osmant le rajeunisseur »Albin Michel 1910 

  • « Sous la lumière inconnue », dans Le Miroir (n°52, 23 mars 1913)

  • « La conquête d'Anthar » Éditions Pierre Lafitte 1914 (Second tome du cycle « La légende de demain)

  • « L'échelon » dans la revue « Le Journal des voyages » (N°909 1er Janvier 1914)

  • « Le serpent fantôme » dans la revue « Le Journal des voyages » (N°894 Dimanche 18 Janvier 1914)

  • « Le faiseur d'or » édition Flammarion 1915

  • « Quand le phare s'alluma.... » éditions Flammarion 1922

  • « Le déluge futur , journal d'un survivant » Éditions Fayard 1925 . En pré originale dans la revue « Touche à tout » (N° 4 avril 1910 au N° 6 Juin 1910) (Troisième et dernier volet du cycle « La légende de demain)

  • « La fin des géants » dans la revue « Le Journal des voyages » ( n°28, 23 avril 1925)

Bibliographie sélective des machines à « visionner le passé »

  • « Récits de l’infini » (Lumen & rêves étoilés) de Camille Flammarion 1872, nombreuses éditions

  • « L’historioscope » d’Eugène Mouton (Mérinos) Dans le recueil de nouvelles « Fantaisies » G.Charpentier éditeur, 1883 pages 223 à 267

  • « Le maître du temps » de Giuseppe Lipparini. Parution dans la revue « Les annales » du 26 Février au 9 Mai 1909 N° 1340 à 1350

  • « Les Bacchantes, roman contemporain » de Léon Daudet, Édition Flammarion 1931

  • « L’ombre du passé » De Ian Efrémov. Dans le recueil de nouvelles « Récits, contes scientifiques » Editions en langue étrangères Moscou 1954, pages 9 à 55

  • « Le siège de Syracuse » D’Alexandre Arnoux, Albin Michel 1962

  • « Avant l’aube » de John Taine 1934 pour l’édition originale (Baltimore, Williams Wilkin) Collection « Outrepart II  » La proue la tête de feuille 1971, collection dirigée par Pierre Versins, pour l’édition Française

 


« Sur le mur » Nouvelle de Marcel Roland parution dans la revue « Nos loisirs » N° 7,1913. Réédité dans « Le bulletin des amateurs d'anticipation ancienne et de littérature fantastique N° 221 bis » (Noël 1998)

 

Parce qu’il avait doté l’humanité de grandioses et nombreuses découvertes mon vénérable ami, le physicien René Chadal, membre de l’Institut et correspondant de toutes les Académies de l’univers, avait bien gagné de se reposer et de s’endormir en paix sous les lauriers qui chargeaient sa tête. Sa dernière trouvaille, la solution pratique du problème de la vision à distance, avait achevé de porter son nom aux nues. Depuis, il semblait avoir renoncé définitivement aux inventions, et vivait confiné dans son vieux manoir des environs d’Orléans, solitaire, et, il faut le dire, un peu misanthrope aussi.

Sa demeure était bien d’un désabusé et d’un reclus. Je l’avais aperçue un jour, de l’extérieur seulement, car Chadal, en quittant Paris, avait rompu toutes relations, et nul n’avait été invité à le visiter dans sa retraite. Néanmoins, au cours d’une promenade dans le pays, m’étant souvenu de mon vieil ami, j’avais fait arrêter ma voiture devant son bizarre castel et donné à travers la grille un coup d’œil curieux. Rien de plus romantique que ce manoir ! Un parc sombre où les arbres montaient comme des donjons autour de la maison; celle-ci, chenue, verdie, de ce style rafistolé qui hésite entre la Renaissance et le Louis XIV. Elle se mirait dans une grande pièce d’eau, un étang plutôt, où ses murs baignaient presque. Les silhouettes moroses des hêtres et des pins donnaient à cette nappe liquide ce singulier reflet verdâtre où il semble que se dissimulent des poisons, des drames, des suicides, et tout le cortège obligatoire des vieux châteaux hantés. De fait, celui-là n’avait jamais eu bonne réputation. Je me renseignai, et sans pouvoir me conter une seule histoire précise, les gens d’alentour me contèrent une foule d’aventures plus ou moins légendaires dont la seigneuriale bâtisse avait été le théâtre.

Avant que Chadal en fit l’acquisition, les Feuillées avaient appartenu à l’un des amis du savant,

un Anglais du nom de Stubing, lequel les possédait de famille. Bien curieuse figure que ce Stubing ! Beaucoup plus jeune que Chadal. il comptait une cinquantaine d’années au moment où se passa le fait dont j’ai été le témoin, et si j'avais cessé de le voir après l’avoir fréquenté quelque temps, ses favoris roux, son œil d’un bleu dur m’étaient gravés à l’esprit.

Quel fut mon étonnement quand je reçus, un lundi de mai, un mot de Chadal où celui-ci me priait de venir passer aux Feuillées la journée du dimanche suivant. «Histoire de renouer la vieille amitié avec une guirlande de fleurs nouvelles», écrivait, et aussi de me montrer sa plus récente invention, «la dernière des dernières dont je me rendrai coupable en ce triste monde ! »

J’eus garde de ne pas manquer au rendez- vous, et, le jour fixé, je franchisai la grille devant laquelle je m'étais arrêté déjà sans la dépasser. On me reçut avec une cordialité charmante. J’avais en outre la bonne surprise de trouver au salon quelques figures d’intimes, autrefois familiers de nos réunions et perdus de vue. Par mi eux, je remarquai l’ancien propriétaire du logis, M. Stubing.

On commença par déjeuner. Durant le repas, Chadal, d’ordinaire méditatif et renfermé dans le silence des penseurs, me parut d’une loquacité inaccoutumée. Je n’osai attribuer cela aux vins généreux qui défilaient dans nos verres, ni au printemps qui s’efforçait d’entrer, sous la forme d’un rayon de soleil, à travers les arbres dressés comme des murs. Non, ce fut plutôt la joie de la nouvelle découverte annoncée que j’assignai comme motif à l’exubérance de notre solitaire.

 

D’ailleurs, il parla de tout, excepté de cette fameuse invention.

- Chut!... Après le déjeuner, avait-il répliqué à la première question directe. On n’avait pas assisté, on le laissait aller, causer, ragaillardi dans ses soixante douze ans. blanc de cheveux et de barbe, évoquant les souvenirs de sa vie de labeur. Même lui, que nous avions connu volontairement muet sur ces choses, il en vint à rappeler la plus douloureuse époque de son existence, son veuvage, la disparition de sa fille, toute une histoire pénible que nous croyions à jamais enfouie au fond de son cœur. Car il avait été marié, très peu de temps, et il avait perdu sa femme, était resté avec une fille qu’il éleva pieusement, comme il aimait la morte, lui consacrant les rares heures que la science ne prenait point.

Le sort ne le récompensa pas : Jeanne Chadal avait dix-neuf ans, quand elle disparut brusquement, sans qu’on pût relever d’elle la moindre trace. Nous savions Stubing - celui-là même qui figurait vingt ans plus tard parmi nous - indirectement mêlé à la triste aventure. C’était en effet chez lui, en cette demeure des Feuillées, maintenant habitée par le père, que se trouvait Jeanne, lors de sa disparition. A cette époque le savant, très lié avec Stubing, y faisait d’assez fréquents séjours. Jeanne devança une fois son père de vingt-quatre aux Feuillées; le soir, elle s’enfuyait dans des circonstances restées toujours impénétrables. Une lettre, laissée à Stubing, son hôte, dans un petit salon du rez-de-chaussée, dont la porte communiquait de plain-pied avec la parc, face à la pièce d’eau, disait en quelques lignes hâtives et obscures : «Mon cher Édouard, ne me cherchez pas. Prévenez seulement mon père. Ma résolution est irrévocable. J’ai caché non loin d’ici une lettre qui vous expliquera les motifs auxquels j’obéis. Quand vous la trouverez, je serais bien loin ! Pardon à tous, à mon père, à vous, mon cher Edouard, et adieu !»

Pourquoi cette fugue déconcertante ? Car il ne pouvait s’agir que d’une fugue, et l’avis unanime repoussait toute autre idée. Jeanne avait certes donnée maintes fois les marques d’une humeur fantasque, romanesque, mais rien n’autorisait l’hypothèse d’un suicide.

Le père, aussitôt prévenu, Stubing, affolé et navré, d'autres amis, la police, effectuèrent de minutieuses recherches. On s'attacha en même temps à trouver cette lettre dont parlait la jeune Il lie dans le laconique et suprême billet adressé à l'Anglais; tous les efforts demeurèrent infructueux. Ni Jeanne, ni le document expliquant son coup de tête ne purent être découverts. La maison fut fouillée sans qu'on mît la main sur la mystérieuse cachette qui eût au moins livré la cause de la disparition de Jeanne. De guerre lasse, on en vint à supposer que cette lettre était imaginaire, et que Jeanne avait simplement voulu retarder les recherches de son côté.

C'étaient ces choses obscures et lointaines que Chadal remuait devant notre cercle d'intimes.

-   Vous rappelez-vous, Édouard ?

Édouard, visiblement gêné, soucieux,répondait à peine. Lui aussi remâchait l’éternel point d'interrogation qui tant de fois s'était dressé devant lui, quand il songeait à la pauvre Jeanne.

Enfin nous nous levâmes de table, et Chadal nous dit :

-   A présent, au travail !

Il redevenait très grave, rendu tout entier à sa science. Il nous indiqua sur le champ la nature de l'invention nouvelle.

-   Rien ne se perd dans la nature, vous le savez... expliqua-t-il. Tout n'est en somme que réactions des corps les uns sur les autres; réactions chimiques, réactions physiques, réactions lumineuses... Dans le domaine de ces dernières, on est arrivé, par la photographie, à fixer certains aspects, auparavant éphémères, de la nature. Mais, ce que vous n'ignorez point, c'est que la photographie existe à l'état universel, si je peux m'exprimer ainsi; que toute image s'imprime quelque part; qu'il reste par exemple, de chacun de nos gestes, de nos moindres attitudes, une copie reproduite sur les objets voisins : pierres, étoffes, murs. Seulement, ce cliché n'est pas perceptible à notre œil, et jusqu'à présent, on n'avait découvert aucun moyen de rendre sensible, de révéler ces empreintes comme on révèle celles qui sont recueillies sur la plaque photographique. Eh bien, mes amis, j'ai trouvé ce moyen ! J'ai réussi à isoler un corps chimique dont la projection sous forme lumineuse fait apparaître ces mystérieuses images, si anciennes soient-elles !

Il se tut un instant, dans notre silence admiratif. Ah le sublime créateur, à l'esprit toujours en éveil !... Mais il ne laissait pas à notre enthousiasme le loisir de se manifester, et coupait nos phrases laudatives.

-   C’est cela que je vais vous montrer. J'ai expérimenté mon système sur les murailles de cette demeure. Oh ! mes amis, que de choses abolies, oubliées, m'ont apparu !... J'ai vu revivre, l'un après l'autre, les habitants de ce manoir...

Nous nous aperçûmes qu'en proférant ces paroles, il était blême, et que son visage se couvrait d'une sueur.

-   Tenez, continua-t-il après un effort, il y a un petit salon, en bas... celui qui s'ouvre directement sur le parc, face à la pièce d'eau... Je ne l'ai pas encore révélé. Nous allons le faire ensemble... Les cloisons en sont précisément peintes de blanc, et nul n'y a touché depuis au moins un demi-siècle... N'est-ce pas, Édouard, ce petit salon n'a jamais été refait, pendant que les Feuillées ont appartenu à votre famille ?

-   En effet, je ne crois pas... répondit Stubing.

-   Cela facilitera grandement l'expérience. Descendons, messieurs !

Le vieillard, donnant l'exemple, se leva du fauteuil où il était assis, et gagna la porte. Depuis quelques moments, j'observais l'Anglais; sa gêne du début s'était peu à peu transformée en véritable angoisse qu'il dissimulait tant bien que mal. Je vis qu'il cherchait un prétexte pour ne pas nous suivre dans ce salon, comme s'il eût redouté d'en franchir le seuil. Néanmoins, Chadal s'étant retourné vers lui et l'ayant saisi familièrement par le bras, il fut contraint de s'exécuter.

-   Vous doutiez-vous, Édouard, demandait le physicien, qu'un jour je vous mettrais à même de parcourir les phases successives de l'histoire des Feuillées ?

Tandis que nous descendions l'escalier de chêne, il ajouta :

-   Ah ! c'est bien mon dernier travail, cette fois-ci, mon dernier !

Quand nous fûmes réunis dans la pièce, il en ferma les issues avec soin. Une salle assez exiguë, qui communiquait de plain-pied avec l'extérieur, par une porte-fenêtre... Un panneau vide occupait tout le côté opposé à celle-ci. Les murs étaient d'un blanc gris et terne, çà et là un peu écaillé. Quelques sièges couverts de housses... Devant la fenêtre, un étrange instrument, analogue à un instrument de photographie, attendait sur un trépied. Chadal nous invita à nous asseoir, les yeux tournés vers le fond de la pièce. Lui-même tira les rideaux de telle sorte que régnât une obscurité presque complète.

Mais Stubing se levait soudain et approchait du savant en murmurant :

-   Je vous assure qu'il vaudrait mieux...

Chadal l'interrompit.

-   Plaisantez-vous, Édouard ? Ces souvenirs sont certes très pénibles à raviver, mais l'intérêt de la science prime tout!... Un peu de courage, sapristi !... Asseyez-vous donc.

Le déclic d'un ressort, et aussitôt un phénomène étrange eut lieu, le mur se teinta d'une clarté blafarde, comme un écran derrière lequel on place une lumière. Pourtant cette clarté venait bien de l'appareil, car on en distinguait nettement le rayonnement à travers la pièce. Et nous étouffâmes une exclamation d'étonnement : des silhouettes s'estompaient lentement sur la muraille. D'abord imprécises, elles s'accusaient, remuaient et cédaient la place à d'autres. Comment traduire ce spectacle extraordinaire ? Les images semblaient vivantes, elles l'étaient, mais d'une vie de rêve, spectrales, quoiqu'elles fussent totalement reconnaissables. Elles évoluaient jusqu'à un certain degré de netteté, puis elles décroissaient, disparaissaient, et la suivante se révélait.

Le mur lumineux nous faisait ainsi remonter le cours des âges. Nous vîmes d'abord Chadal lui- même, durant la période qui s'était écoulée depuis l'achat du castel; ensuite Stubing seul, assis en de longues songeries, les regards sur le parc. Sa mère se montra, et des parents, diverses figures d'amis.

-    Reconnaissez-vous votre tante Nicolson, Édouard ? Elle venait souvent broder devant cette fenêtre dans l'après-midi, et la réverbération de l'étang à suffi à marquer ses traits pour nous sur cette cloison.

La merveille nous tenait haletants.

-    Cela nous rapporte à une quinzaine d'années... Mais nous allons voir beaucoup plus loin : le dix-neuvième siècle passera, nous assisterons à des scènes qui se sont déroulées sous la monarchie... Ah ! messieurs, voici encore, je crois bien, notre ami Stubing en personne, rajeuni de vingt ans... Édouard, vous ne portiez pas encore vos fav...

Il s'arrêta court, fit :

-    Est-ce possible, seigneur !

Nous nous levions tous, avec la même émotion. Car, nous aussi, nous voyions. Sur le mur, la porte-fenêtre était dessinée, grande ouverte, et dans ce cadre apparaissait la pièce d'eau, par le jeu rétrograde de l'appareil remontant le cours des événements, nous distinguions une forme vêtue de blanc qui émergeait comme un fantôme de la sombre nappe d'eau. Et la vérité, la vérité terrible se fixait devant nos prunelles avec la précision d'un choc de poignard en plein cœur : Jeanne s'était noyée.

Chadal poussa un soupir rauque et s'effondra sur un siège, tandis que Stubing, hagard, agitait les mains devant les yeux, comme pour échapper à la vision de ce cinématographe sinistre.

Mais la machine, insensible, continuait sa tâche, et reconstituait à rebours l'histoire du drame. Sur le mur, Jeanne, à présent tout à fait hors de l'eau et marchant à reculons, se dirigeait vers une statue placée sur la berge, juste devant la porte du petit salon. Cette statue existait encore et se dessinait nettement dans le cadre de la porte : c'était un Amour de terre cuite, qui assurait une flèche sur son arc. Or, nous vîmes Jeanne soulever le socle, glisser dessous quelque chose et s'éloigner.

- La lettre ! murmura l'un de nous.

A son tour, la cachette venait de se révéler.

Dans un silence où se mêlaient la stupeur et une sorte d'effroi, nous regardions évoluer la lointaine tragédie. Chadal, un instant attéré par la découverte du suicide, releva la tête.

L'image de Jeanne venait de s'évanouir. Mais bientôt une autre scène commença de se dessiner : brusquement Stubing nous apparut debout, tenant les poignets de la jeune fille.

Nos yeux s'étaient tournés d'instinct vers le vrai Stubing, le même que celui dont l'empreinte accusatrice se dessinait sur le mur fatal.

Un cri de bête jaillit de la bouche de Chadal. Il s'élança dans la pénombre vers l'Anglais et le saisit à la gorge.

- Misérable ! Vous la brutalisiez ! Je comprend tout ! Pour échapper à vos violences, ma pauvre Jeanne a préféré...

Nous nous jetâmes sur eux afin de les séparer, mais déjà Stubing s'était dégagé de l'étreinte du vieillard. Il tendit l'index vers le mur.

-  Vous vous trompez ! haleta-t-il. Si je l'ai brutalisée, c'est... pour la repousser, pour ne pas trahir votre confiance. Oh ! Pourquoi m'avez-vous forcé à vous livrer ce secret que je voulais garder pour moi ?

Et pendant qu'il disait ces mots, le mur, toujours le mur implacable, nous montrait Stubing assis à son bureau, et Jeanne le surprenant par un baiser inattendu.

- Tu mens ! gronda pourtant le vieillard, qui doutait de l'évidence.

L’Anglais désignait, à travers les rideaux clos, l'Amour dressé au bord de la pièce d'eau. C'était vrai... Nul de nous n'y songeait déjà plus, à cette lettre où le mot de l'énigme était écrit.

Nous courûmes à la statue... Dessous, jaunie, altérée, une enveloppe moisie renfermait une missive de deux pages. La lecture de ce document établissait brutalement l'exactitude des allégations de Stubing, en même temps que sa droiture et sa délicatesse. Jeanne y déclarait sa passion irrésistible pour l'Anglais (Stubing avait vingt-six ans à l'époque). Mais celui-ci persistait à ne lui témoigner qu'une simple amitié, et n'avait jamais voulu répondre à ses aveux les plus brûlants et les plus audacieux. Elle avait alors, dans une crise de mélancolie, pris la résolution de se tuer. , pour échapper à l'obsession de cet amour non partagé.

Ainsi tout s'éclairait grâce à l'appareil inventé par Chadal. Mais le savant ne voulut pas que sa découverte survécût à la révélation de l'odieux passé. Il la brisa de ses propres mains. Jouet cassé, la machine à révéler les murs gît à présent sur les genoux de Chadal, qui répète ces éternels mots :

-  Ma fille... L'étang... Sur le mur !...

 

Marcel Roland

 

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